Essai d’une Fiat Ritmo Abarth, la GTI méconnue

Après la Peugeot 205 GTI il y a quelques semaines, c’est une autre GTI que j’essaye, une Fiat Ritmo Abarth. Très très méconnue, cette auto sportive n’en est pas moins attachante. Je vous emmène faire un tour !

Petite histoire de la Fiat Ritmo Abarth

La voiture est donc le dérivé de la Fiat Ritmo. Cette auto apparue en 1978 remplace la 128.
Elle est dans l’air du temps au nieau de sa forme et disponible en 3 et 5 portes. Par contre au niveau motorisation, pas de quoi faire la fête, le 1585 cm³ culmine à 78ch.

En 1981, on lance une Fiat Ritmo Cabriolet et une Fiat Ritmo 105 TC, première déclinaison sportive. On installe dans cette auto disponible uniquement en trois portes un 1.6 L double arbre à came en tête de 100 ch. Les performances grimpent, mais pas encore assez.

Mais dans le giron Fiat, il y a depuis 1971 le sorcier Abarth. Les Fiat 124 et 131 sont déjà passées entre leurs mains, la Ritmo va également aller faire un tour dans leurs ateliers. La Fiat Ritmo Abarth sort en 1982 avec le nom 125 TC. Toute la voiture est revue. Le moteur est toujours un double arbre mais il cube 2 litres. L’auto est rabaissée, montée sur des Pirelli et des jantes alliage spécifiques. Aileron sur la malle et freins ventilés sont au programme ! Les performances sont au rendez-vous et la Golf GTI est larguée !

La Fiat Ritmo Abarth 130 TC est une évolution qui apparaît pour l’année 1983. On ne retouche pas à la mécanique mais on installe un allumeur Digiplex Magnetti-Marelli qui fait gagner 5 ch grâce à une meilleure gestion du moteur. La Fiat Ritmo Abarth a d’ailleurs une particularité au milieu des GTI : elle est gavée par deux carbus, l’injection n’est pas au programme !

L’essai de la Fiat Ritmo Abarth

Tour du propriétaire

On en trouve pas à tous les coins de rue de ces autos ! Celle-ci Fernand l’a achetée en 1986, elle avait fait 40.000 km depuis sa fabrication en 1984.

Sa Fiat Ritmo Abarth a tous les attributs du modèle. La ligne est bien celle d’une young. Pas encore classique mais déjà bien datée. La trois portes n’aurait pas pu prétendre à un prix de beauté mais elle n’est pas laide pour autant. Quelques petits détails trahissent la sportivité, les insignes au Scorpion qui témoignent du passage de Carlo Abarth, et le sigle Abarth 130. Cela aurait pu être une 105 ou une 125 mais la Fiat Ritmo Abarth de Fernand est la plus puissante.

Quelques petits details sont notables sur cette auto, les poignées de porte rondes et le bequet placé bas sur le coffre sont des détails originaux.

Cette auto là a été un peu préparée, Fernand aime bien faire la montée historique de Montgueux. Il a rajouté deux barres anti rapprochement et il a percé la boite à air pour rentrer plus d’air. Comme sur la Monte Carlo le moteur atmo a quand même besoin de bien respirer.

L’instrumentation est plus que complète. En plus de la pression et de la température d’huile, le voltmètre a été secondé par un ampèremètre. Autre chose importante à l’intérieur, les baquets Recaro. Ils n’étaient pas montés de série sur la Fiat Ritmo Abarth mais faisaient partie du catalogue des options.

On y est bien installé, et comme souvent faut pas être gros. Par contre on est ici assez près du volant et des pédales, comme j’aime, à la seule différence qu’on est plutôt haut. Autre particularité, on est pas en face du volant mais légèrement décalé sur la gauche.

C’est parti pour un tour, rapide !

 

La voiture démarre sans qu’on ait besoin de trop forcer. La direction n’est pas très lourde et son absence d’assistance se fait vite oublier. La boite est moderne c’est à dire exempte de craquements. Le levier est plutôt précis et les débattement courts nous font nous demander si on a déjà enclenché le rapport. Les baquets sont par contre un problème : si vous aimez manier le levier de vitesse en le prenant à pleine main, vous viendrez buter dans le siège en passant la seconde.

Est-ce un problème ? Non. Le moteur aime prendre les tours, on y reviendra, mais il est étonnamment rempli a bas régime. Rouler à 50 en quatrième ne généra pas la Fiat Ritmo Abarth. Passer un rond point en seconde non plus. Et une fois que ce rond point est passé ? J’appuie avec le pied droit et c’est parti. Pas de creux, ça relance. Ensuite ça pousse. Et puis ça pousse. Et ça pousse encore ! Wahou. Le moteur n’était pas atone et mollasson sur la Montecarlo, mais il est là encore plus sportif. Classe !

Au premier freinage, j’ai beau être prévenu, je suis déçu. Le moteur et la ligne sont ceux d’une GTI Youngtimer. Le freinage est par contre digne de ma Simca… On peut dire que ça s’améliore en chauffant mais ce n’est pas super rassurant.

Heureusement, une fois sortie de la ville, la Fiat Ritmo Abarth n’a plus trop besoin de ses freins. J’accélère pour vite arriver sur le premier virage. Je ralenti à peine et on passe sans problème. On a beau augmenter les vitesses de passage, mas moyen de se faire peur. On sent l’importance des Koni réglables et des barres anti rapprochement. L’auto est rigide et ne tangue pas. Fernand a préparé la voiture et ça se sent. Sur les petites départementales, elle est redoutable !

Petits sacrifices demandés

Par contre, il y a forcément un revers à cette médaille : le confort. D’accord les amortisseurs raides et les barres permettent de passer vite en virage. Ok, le moteur fait un bruit très sympathique et pousse bien. C’est vrai les sièges baquet offrent un très bon maintien latéral.
Mais en contrepartie, il va falloir s’habituer à se passer du confort « normale » d’une auto de cet âge. Les dos d’âne s’anticipent, ou alors il faudra se trouver un bon kiné. A l’intérieur, la ventilation fonctionne bien quand on lui apporte beaucoup d’air. Du coup, si vous avez chaud, il faudra accélérer… c’est dommage hein !

Dernier point, avec les baquets et les harnais, zappez aussi les places arrières. Les enfants suivront dans une autre auto. Par contre, les bagages rentreront dans le coffre sans soucis !

Ce que j’en pense

J’ai essayé de belles autos, mais jamais une auto aussi atypique que celle-ci. La Fiat Ritmo Abarth a beau avoir deux blasons archi connus, il faut avouer qu’elle n’est pas du tout familière dans le milieu de la collection en France. Mais elle le mérite.

Dans cette configuration, elle est bien plus radicale que la Peugeot 205 GTI de Jean Michel que j’avais essayée. Les deux autos sont certainement comparables sur bien des points. Les perfs théoriques sont à l’avantage de l’italienne mais celle-ci était plus ancienne !

Dans tous les cas, cette Fiat Ritmo Abarth est l’auto qu’il vous faut si vous souhaitez une GTI atypique.

Conduire une Fiat Ritmo Abarth

La Fiat Ritmo Abarth de Fernand est la plus chère des Ritmo, grâce à son moteur de 130 ch. Mais elle reste très abordable. Comptez une cote aux alentours des 7000 €. En dessous de la 205 GTI donc.
Paradoxalement, l’italienne a été beaucoup moins diffusée, seuls 13.158 exemplaires sont sortis des lignes de production. En fait c’est très peu. Et cela entraîne du coup une rareté bien plus grande que ses concurrentes !

Trouver une Ritmo ne sera pas aisé, une en bon état encore moins, la réputation de ces autos au niveau de la corrosion n’est pas infondée. Mais l’auto que l’on a sous les yeux prouve bien que ce n’est pas impossible de trouver un exemplaire en parfait état.

Note globale :

4 etoiles

 

Avantages

Inconvénients

– Une auto performante Difficile d’en trouver une en parfait état –
– Des sensations mécaniques au top Defficit d’image –
– Une originalité au top Confort à oublier en cas de préparation –
Rareté  5 etoiles
Prix de 6.500 à 10.000 €

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3 réflexions au sujet de « Essai d’une Fiat Ritmo Abarth, la GTI méconnue »

  1. des GTi en carbu il y en avait un certain nombre: escort XR3, fiesta XR2, samba Rally, 205 Rally ,AX sport, super 5 GT turbo, R5 alpine et alpine turbo….. entres autres!!!!

  2. Je suis fan… J’ai possédé une Abarth 125 TC qui était déjà un régal à conduire bien qu’un peu lourde du train avant; j’ai couru de nombreux rallyes les week-ends avec cette auto en configuration de série (à l’époque, on pouvait courir sans arceau) et le Lundi matin, je partais au boulot avec sans aucun souci : une fiabilité exemplaire. Si j’avais l’occasion de trouver une belle 130 TC, je crois que je craquerais pour qu’elle vienne tenir compagnie à mon ALfa 1750 Bertone dont je suis tombé amoureux…

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