Au Volant d’une Citroën SM 3L USA, quand les Chevrons Faisaient de vraies GT

Que Citroën fasse des grandes routières haut de gamme, à l’époque, personne ne le nie. Mais une GT a aussi été proposée. Et pour le coup, la version Citroën SM 3L, venue tout droit des Etats-Unis, est encore plus rare. C’est une de ces autos que j’ai pu essayer. Je vous emmène au volant d’une auto très atypique.

Petite histoire de la Citroën SM

Pour une histoire plus détaillée, il suffit de vous rendre sur notre article complet visible ici. Mais on va quand même vous proposer une piqûre de rappel.

La Citroën SM, c’était le rêve des chevrons de produire une GT française. Une grande routière, avec une motorisation noble qui offrirait des performances élevées dans un confort génial. Pour le confort, le système hydropneumatique de Citroën est forcément de la partie. Par contre, pour la motorisation, difficile de luter avec les allemandes. Mais Citroën a acheté Maserati en 1970.

Du coup, à la sortie de la voiture, c’est un V6 2.7L de 170 ch. Via une boîte à 5 rapports il entraîne, les roues avant. Et oui, on est chez Citroën, on allait pas jouer la carte de la propulsion. La voiture sort en 1970. En 1973, le choc pétrolier l’affecte naturellement, le V6 n’est pas particulièrement sobre. Des normes anti-pollution passent également par là, et il faut doter la voiture d’une injection électronique.

Dès l’année suivante apparaît également une version à boîte auto Borg Warner à trois rapports. Pour contrecarrer les pertes de puissance qui affectent chaque boîte auto, le V6 est remplacé par son cousin de 3L qui équipe la Merak. La puissance grimpe alors à 180 ch. Ces modèles sont également exportés vers les Etats-Unis.

La voiture restera en production jusqu’en 1975 et sortira à 12.920 exemplaires.

Au volant de cette Citroën SM 3L un peu spéciale

La Citroën SM 3L du Relais de l’Auto Ancienne

C’est en profitant d’un voyage à Limoges que je vais découvrir le Grand Prix de Limoges Classic, mais aussi une officine locale, le Relais de l’Auto Ancienne. Installés au bord de la défunte RN20, ce garage propose quelques autos à la vente. On vous en parlera un peu plus tard, mais pour l’heure, on va se concentrer sur notre auto du jour.

La Citroën SM 3L que l’on a là est un modèle revenu des USA. On reconnaît facilement sa singularité, ses phares avant son spéciaux. Le propriétaire actuel a bien remis des plexi devant ces phares, mais on reconnait les projecteurs montés pour les USA. Ils ne sont que 4, sont ronds, fixes et entourés d’un semblant de carénage.
Sinon, le design global est le même que la SM classique. Dessinée par Opron cette ligne est fluide, plutôt aéro mais surtout elle a une particularité très Citroën. La voie avant est en effet plus large que la voie arrière. Le tout forme un ensemble homogène, en fait on aime ou on déteste…

Du côté de la technique, c’est du pointu

C’est bien sous l’énorme et lourd capot qu’on trouve le plus intéressant de cette auto. Le moteur V6 3 litres Maserati. Comme le V6 2.7L il est extrapolé du V8 4L de la firme au trident. Il est alimenté par trois carburateurs Weber double corps. Et c’est devant ce V6, situé donc en position centrale avant, que se situe la boîte.
Les GT « normales » ont plutôt la boîte à l’arrière, voire tout derrière pour les Transaxle. Ici, on est en présence d’une traction. Donc la boîte est à l’avant. C’est une Borg Warner 3 vitesses. A sa sortie on trouve directement… les freins. Oui ils sont « inboard », c’est une autre particularité de la voiture. En fait Citroën voulait à tout prix réduire les masses non suspendues. D’où cette architecture incongrue qui rendra fou un mécano chargé des plaquettes !

Toujours sous le capot, on trouve les deux sphères vertes. Le siège du confort, de l’assistance et du freinage. Alimentées par le LHM Vert, ce sont ces sphères si chères aux amateurs de DS qui font une partie de la renommée de la Citroën SM.

A l’intérieur de « notre » Citroën SM 3L, mieux vaut être bilingue

On vous l’a dit, la Citroën SM 3L que j’ai entre les mains est une ex US. Du coup, plein d’annotations sont en anglais. Le principal est là, le compteur a été changé pour un compteur en Km/h !
La sellerie est patinée comme il faut. Si elle est abîmée par endroits, elle est malgré tout superbe. Il y a de la place à l’avant, à l’arrière, il ne faut pas être trop grand mais c’est à peu près logeable pour des trajets réduits.

Les commandes sont bien placées, et l’ergonomie est bonne. La position de conduite se règle bien. Le siège a plusieurs positions, mais le volant est également réglable. Bonne nouvelle. Il va maintenant falloir mettre le contact.

C’est parti pour la prise en mains

La voiture démarre facilement et Ludo nous emmène faire un mini tour de démonstration. Histoire de faire chauffer le moteur et de me donner les rudiments de la conduite de cette auto.
Allez, c’est mon tour. Je prends le levier plastique de la boîte manuelle et le cale sur drive. Le tout en gardant le pied droit sur le frein.

Une fois la route libre, je m’élance. La voiture part bien, je n’accélère pas à fond, mais je me retrouve vite en 3e, à 90. La voiture se conduit bien, c’est une vitesse qu’elle aime. La boîte sur le bon rapport, bien installé dans les sièges, je pourrais rouler des heures comme ça. Mais déjà arrive le premier rond point où je vais découvrir en direct les deux particularité de ces Citroën et de leurs sphères vertes.

Premier point, le freinage. Le Champignon Citroën est effectivement difficile à doser. Par contre la voiture freine, et elle freine plutôt bien. Second point la direction. C’est la fameuse Diravi qui est utilisée. C’est une direction assistée, de façon constante, mais qui a la particularité d’avoir un rappel de direction. Si on lâche le volant, il revient donc en position ligne droite. C’est assez pratique, mais en fait, dans un rond point, on ne peut pas faire comme d’hab et laisser la voiture revenir, sinon on aura vraiment une trajectoire étrange !

Et dans les virages ?

C’est une GT, elle est performante et on accélère vite. Sur petite route, on apprécie la largeur de la voie avant, et sa volonté de s’extraire de la courbe. Par contre, on sent vite les limites de l’engin. Même en ayant apprivoisé le dosage du freinage, cela vient en fait assez vite. La Citroën SM 3L n’est pas une sportive. C’est une GT. Elle est plutôt lourde et le poids est sur l’avant. Du coup c’est un très gros sous-virage qui nous attend.

La voiture se laisse apprécier sur une route un peu plus large. Les camions ne sont pas un problème. Quand on veut accélérer, la boîte montre qu’elle est bien pensée. Elle comprend vite, tombe un rapport et on repart de plus belle. Les 180ch sont là et c’est tant mieux.

Ce que j’en pense

J’avoue que je m’attendais bêtement à trouver une auto plus sportive. La Citroën SM 3L n’est pas l’Alpine A110 que j’avais essayée, ça je le sais. Mais quand même.
Je ne peux pas nier qu’elle soit performante, ni confortable. En fait elle remplit son rôle de GT à merveille. C’est une auto faite pour le voyage. A quand un road-trip en SM ? Bientôt j’espère !

Conduire une Citroën SM 3L

Les Citroën SM ont globalement bien survécu. La production n’a pas été énorme mais on trouve quand même de nombreuses autos encore en bon état. Attention à cet état. Cette auto est techniquement sophistiquée, ce qui veut dire que c’est potentiellement un bon « nid à emm**des ». Heureusement plusieurs pros sauront parfaitement les entretenir.

Une version à carburateurs, les premières se négocie aux alentours des 20.000 €. Les version à Injection, un peu moins, et les versions à boîte auto, encore un peu moins.

Celle-ci est d’ailleurs à vendre, auprès du relais de l’auto ancienne. Vous aurez ainsi une auto particulière au niveau esthétique et presque parfaite niveau technique. Pour plus d’infos, cliquez ici.

Note globale :

3 etoiles

 

Avantages

Inconvénients

– Un moteur qui en redemande Prise en main très particulière –
– Un confort exemplaire Une auto pas sportive –
– Une GT très atypique Pièces et entretien parfois cher –
– Un bon réseau pour l’entretien Une auto clivante, on adore ou on déteste –
Rareté  4 etoiles
Prix de 15.000 à 25.000 €

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4 réflexions au sujet de « Au Volant d’une Citroën SM 3L USA, quand les Chevrons Faisaient de vraies GT »

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