La Studebaker Avanti, un dessin avant-gardiste pour une dernière chance

C’est une vraie rareté qu’a pu capter Bertrand sur le parking visiteur de l’Auto Moto Retro Rouen il y a quinze jours. La Studebaker Avanti a été le dernier espoir de cette marque, juste avant son arrêt.

Un dessin moderne oeuvre d’un français

Nous sommes au début des années 1960 et Studebaker ne va pas bien. La fusion puis la séparation d’avec Packard est toute récente et a mis à mal la marque. D’autant qu’en tant qu’indépendante, la marque est bien faible face aux trois grands.

Studebaker veut se relancer et va pour cela chercher à séduire un public jeune. Pour cela, rien de tel qu’un coupé avec un V8. Niveau style, le patron de Stude va faire appel à Raymond Loewy. Ce designer français est bien implanté, que ce soit à New York ou en France. Ses deux entreprises dessinent les plus grands logos du monde, mais aussi des autos. C’est surtout quelqu’un de connu auprès de la marque américaine. En effet en 1947 c’est lui qui a redessiné toute la gamme.

En 40 jours il va créer la Studebaker Avanti.

La Studebaker Avanti, un coupé alléchant sur le papier

Si on vous dit années 60, V8 et fibre de verre, vous penserez, à raison, à la Chevrolet Corvette. Mais la Studebaker Avanti aussi voudra s’équiper d’une carrosserie en fibre de verre. D’ailleurs, cela retardera sa mise sur le marché, pourtant, c’est la même société qui s’occupe de la Chevy et de la Studebaker Avanti.

Quand elle apparaît en 1963, elle offre une fiche technique sympathique. C’est un gros coupé, vraiment à l’américaine, avec 4.88m de long, 1.79m de large et 1.37m de haut, c’est donc un bon bébé ! Malgré tout, l’emploi de fibre limite l’embonpoint à 1430 kg, avec le moteur. Ce dernier est donc un V8 de 289ci, soit environ 4.7L. La puissance est « suffisante » de base avec 206 ch. Avec le compresseur Paxton en option on monte même à 248 ch !

La voiture peut du coup filer à 180 km/h et atteindre les 100 en 8,5 seconde.

L’Avanti n’empêchera pas le naufrage de Studebaker

Studebaker était mal en point avant de lancer l’Avanti, et la voiture ne sauvera pas la marque. Pire, Stude jette l’éponge en décembre 1963 après 4647 exemplaires produits de son coupé. En parallèle on cède aux sirènes du gouvernement canadien en déménageant la production et on se fournit en moteur chez Chevrolet. En 1966, Studebaker stoppe ses activités automobiles.

Mais l’Avanti n’est pas finie pour autant. En 1965 trois passionnés lancent l’Avanti II. Durant les années 70, de gros V8 de 327 et 350 Ci seront montés dans l’auto. La production durera jusqu’en 1992 et il sortira 3473 exemplaires de la voiture dont 288 cabriolets.
Mieux, entre 2000 et 2004, une seconde renaissance en refabriquera 319 !

Une voiture rare, assurément, et loin d’être dénuée d’intérêt.

Photos : News d’Anciennes et Boitier Rouge et Wikimedia

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Une réflexion au sujet de « La Studebaker Avanti, un dessin avant-gardiste pour une dernière chance »

  1. La puissance annoncée pour le moteur R1 (sans compresseur) est un peu plus grande que 206 CV et la vitesse maxi dépend de la boite de vitesse ( 3 vitesses manuelles, avec ou sans overdrive et roue libre, 3 vitesses automatique ou encore 4 vitesses manuelles et du rapport de pont que le client choisissait en fonction de ce qu’il voulait privilégier, la vitesse ou les accélération (et la consommation). Cela pouvait donc varier de 180 à 210 km/h pour une R1 sans compresseur. Il a aussi été construit 9 exemplaires de R3 à compresseur qui pouvait rouler à plus de 270 km/h

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