La Citroën Petite Rosalie, petit moteur pour grands records

Ce n’est pas une Citroën Rosalie comme les autres que les participants des Grandes Heures de l’Automobile ont put voir il y a deux semaines. La Citroën petite Rosalie, n’a aucun palmarès confrontée à d’autres autos sur un circuit. Par contre, sur un autodrome de records comme Montlhéry, son pedigree est impressionnant.

Les Rosalie I à III

L’histoire de la petite Rosalie, commence ne 1925 avec la société d’huiles Yacco. A l’époque, cette entreprise veut prouver sa supériorité technique. Régulièrement, elle choisit une voiture et la fait tourner sur l’autodrome de Montlhéry pour battre des records. Evidemment les autos tournent avec des huiles de la marque et elles tournent (très) longtemps.

Pendant 6 ans ce sont les Voisin qui seront choisies, d’ailleurs elles étaient aussi aux Grandes Heures de l’Automobile.

En 1931, Yacco change d’écurie et choisit une Citroën C6F pour ses records. C’est elle qui inaugure le nom de Rosalie, en fait le surnom de la voiture, donné par les pilotes. La voiture est une auto de série qu’on a carrossée en monoplace. Avec son 6 en ligne de 2442 cm³ elle bat 14 records en parcourant 25.000 km à 108 km/h.
Dès le mois de Mars 1932 apparaît Rosalie II. Son moteur est un C6G, monté dans Rosalie I et André Citroën s’y intéresse grandement. La voiture ne sera stoppée que sur soucis mécanique… non sans avoir fixé 50 nouveaux records mondiaux et 80 internationaux.

Rosalie III est une Rosalie 15 légère, mais elle ne tournera pas longtemps, elle ne fera tournera que neuf heures !

Rosalie IV ou la petite Rosalie

Pour la session des records de 1933, ce sera une petite Rosalie qui sera engagée. Finie la Rosalie 15, c’est une Rosalie 8 qui est prélevée sur les chaînes de production. Elle est bien recarossée avec une carrosserie effilée mais elle fait confiance à un « simple » 4 cylindres. Le moteur de 1452 cm³ est d’origine.

L’équipe constituée par César Marchand est conséquente. Ce sont sept pilotes qui devront se relayer. Louis Le Roy de Présalé, Alphonse Vaillant, Robert Bodecot, Raphaël Fortin, Marcel Combettes, Edmond Bertaux et Lucien Marchand piloteront la voiture… on ne sait combien de temps.
En effet, quand elle démarre le 15 Mars 1933 on ne sait pas quand elle s’arrêtera !

Un fonctionnement rodé

Les pilotes vivent sur place, dans un baraquement construit pour eux. Ils font des relais de cinq heures. En attendant, ils s’occupent… Ce ne sont pas les seuls sur place, huit mécanos sont présents pour les arrêts. Ils se placent dans une petite cabane pour se protéger des éléments. La voiture entre d’un côté, quatre mécanos sont à gauche, quatre à droite.
Il faut évidemment que les arrêts soient les plus courts, mais aussi le plus complet possible. On refait les niveaux d’huile et d’eau, le plein d’essence et on change les pneus à intervalles réguliers.

A côté de l’équipe, huit officiels de l’Association Internationale des Automobiles Clubs Reconnus, l’ancêtre de la FIA se relaye pour chronométrer la voiture avec une précision du 5e de seconde.

Petite Rosalie enchaîne les records

La voiture va établir assez vite des records, en même temps, elle est là pour ça. Le seul arrêt est survenu le 18 Mars, pendant 6 heures, à cause… de la neige ! Le 6 Avril, ce sont 50.000 km à 93 km/h de moyenne qui sont validés.
Plus tard, on efface les 100.000 km avant de mettre Rosalie II au placard en dépassant les 136.000 km.
Le 13 Juin, la barre des 200.000 km est franchie.

La voiture tourne toujours, et comme rien ne semble l’arrêter, on décide de la stopper après les 300.000 km. Cette barre est franchie le 27 Juillet quand on arrête la voiture. La moyenne est de 93 km/h.

133 jours, pour autant de records internationaux de durée, de 2 à 133 jours. De 55 à 133 jours, ce sont 78 records du monde de durée. La voiture établit également 57 records internationaux de distance, allant de 4.000 à 300.000 kilomètres et 28 records du monde de distance, allant de 140.000 à 300.000 kilomètres !

L’héritage de petite Rosalie

La voiture va servir à la communication de Citroën. Premièrement, André Citroën lancera un concours. Celui qui arriverait à battre les records avant le 1er Janvier 1935 recevrait 3 millions de francs. Ils n’ont jamais été remportés !

Pour montrer que la voiture était bien de série, une autre 8cv fut prélevée sur la chaîne de Javel et examinée, aux côtés de la petite Rosalie par des commissaires techniques de l’Automobile Club de France et au Laboratoire du Conservatoire des Arts et Métiers. Evidemment il fut prouvée que la voiture était bien de série.

Elle sera exposée partout en France, du salon de l’auto aux plus grands concessionnaires de province. Par contre, tout comme les précédentes Rosalie, et comme les cinq voitures suivantes, elles seront détruites.
Celles que l’on peut voir de nos jours sont en fait des répliques. De belles répliques, certes, mais des répliques quand même.
L’une d’elles est d’ailleurs la propriété du Conservatoire Citroën d’Aulnay.

 

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Une réflexion au sujet de « La Citroën Petite Rosalie, petit moteur pour grands records »

  1. Bonsoir

    Le Conservatoire Citroën ne possède pas de réplique de Rosalie des records, le véhicule en photo dans votre article appartient à un collectionneur.

    Guillaume, ancien archiviste et guide en ce lieu.

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