Entre DB et Matra, la René Bonnet Missile

Ce n’est pas tous les jours qu’on en voit une, la production ayant été confidentielle. Aux 48h Automobiles de Troyes était présente une René Bonnet Missile, une voiture sportive à la ligne fort agréable qu’on vous propose de découvrir.

Quand René Bonnet prend son indépendance

René Bonnet n’est pas un constructeur solo à la base. En effet, allié à Charles Deutsch ils ont créé une auto à moteur Citroën en 1938, puis D.B en 1947. Ce fabricant de voitures de course voit le jour en 1947. Dès le départ, elle fait confiance à des mécaniques Panhard. Ces petites mécaniques ne leur permettent pas de viser la victoire mais de bonnes places d’honneur.
Avec succès puisque les voitures signent une 10e place au général des 24h du Mans 1956, signant par la même occasion la victoire à l’indice de performance avec une voiture de classe 750 cm³.

En 1959, Panhard fait même de D.B son écurie officielle ! Cela n’empêche pas les créateur d’avoir des vues différentes. Charles Deutsch veut continuer dans les formes aérodynamiques, et passer à la traction, toujours en utilisant de petites mécaniques.
René Bonnet veut lui faire confiance à Renault et passer sur des autos à moteur central. Ces divergences font que René Bonnet va créer sa propre marque en 1962, emportant l’étude la Le Mans dans ses bagages.

La René Bonnet Missile apparaît

René Bonnet reprend donc la Le Mans en la basant sur de la mécanique Renault Estafette. Le moteur en est dérivé et sort 70 ch, la base reste celle de la D.B du même nom. Le capot reçoit une prise d’air plus volumineuse, le 4 cylindres en ligne demande de la place, plus qu’un petit Flat-Twin Panhard en tout cas.

Mais le constructeur ne s’arrête pas là et sort une autre auto, la René Bonnet Missile. Là aussi on va faire appel à de la mécanique Renault.
La plate forme est celle de la Renault 4, tout juste sortie, qui a l’avantage de reposer sur quatre roues indépendantes. Pour le moteur, c’est celui de la Dauphine 1093 et ses 55 ch sorti de 845 cm³ qui viennent propulser la voiture. En plus, elle bénéficie des freins à disque de la nouvelle Renault 8 !

La René Bonnet Missile s’habille d’une carrosserie composite, très ressemblante à celle de la Le Mans, mais en fait totalement différente. La voiture est réellement nouvelle. Elle est plus petite, et donc encore plus légère, 560 kg !
Les performances sont très correctes pour une voiture de cette puissance, et surtout pour un cabriolet, puisqu’on roule cheveux au vent jusqu’à 150 km/h !

La René Bonnet Missile dans le temps

La voiture n’évoluera pas. En cause, le nouveau projet de René Bonnet, la Djet. Cette auto fait également appel à des mécaniques Renault. La René Bonnet Missile se vend bien, mais la Djet plombe l’affaire.
Le constructeur doit se résoudre à vendre en 1964 à Matra qui crée ainsi son département automobile. La Djet est reprise, elle n’a qu’un an.
Par contre la Missile est supprimée par Matra, un comble, après 297 exemplaires fabriqués en deux ans.

Désormais, on ne sait pas combien de René Bonnet Missile ont survécu. En tout cas, elle est rare, performante et plutôt jolie. Son prix, aux alentours de 24.000 € est donc logique.

 

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4 réflexions au sujet de « Entre DB et Matra, la René Bonnet Missile »

  1. Bonjour, petites inexactitudes dans la différenciation des modèles: ce ne sont pas les deux optiques superposés qui permettent d’identifier à coup sur une René Bonnet Lemans mais le grand bosselage du capot pour laisser passer le 4 cylindres en ligne plus haut que le flat Twin Panhard.
    La rencontre de Charles Deutsch et René Bonnet remonte à 1932. La première auto de course construite est mue par un moteur Citroen, en 1938.

  2. Bonjour,
    Avis à la population… Et tout particulièrement aux journalistes ainsi qu’aux supporters de la marque des « Automobiles D.B »
    Un petit détail qui permet de reconnaître les connaisseurs !…
    On doit toujours écrire la marque D.B avec un point entre D et B beaucoup de journalistes oublient le fameux POINT. Il y a malheureusement plusieurs confusions :
    Avec la marque Panhard (Panhard 24, Panhard PL, Panhard CD, et pourquoi pas Panhard DB) à plusieurs reprises le Club Panhard à chercher à s’approprier la marque D.B
    Avec la marque Aston-Martin (DB5, DB6, DB7, et DB9).
    Avec la marque Daimler Benz (Mercedes) particulièrement dans la presse étrangère.
    Et pour finir avec ceux qui ne connaissent rien du tout (deuxième DB)
    Quand on parle d’un modèle d’une des voitures des « Automobiles D.B » il faut savoir qu’il y avait eu trois types de modèles : D.B Citroën, D.B Renault, D.B Panhard.
    Merci pour Charles Deutsch et René Bonnet…
    Je suis René Claude Bonnet le fils aîné de René Bonnet merci d’avance.
    Cordiales salutations.
    R. C. Bonnet

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