La Lola Mk6, une Voiture Révolutionnaire qui Créa une Légende

On a pu voir une Lola Mk6 à Le Mans Classic cette année dans le plateau 4. C’est une chance, cette auto révolutionnaire n’a été construite qu’à 3 exemplaires. Sa carrière fut courte, mais elle donna naissance un mythe absolue : la Ford GT40.

C’est en 1958 qu’Eric Broadley fonde la marque Lola. La petite entreprise construit d’abord des autos à châssis tubulaire, des petites monoplaces. Ses formule Junior et même ses F1 se font un nom. En fait, la Lola Mk6 va être sa première incursion sur les courses d’endurance.

La Lola Mk6, le coup de maître d’Eric Broadley

En 1962, la FIA refonde le championnat du monde des voitures de sport. On veut un championnat plus orienté GT. Mais seule la Scuderia Ferrari peut se permettre de produire 100 autos pour répondre à l’homologation. Du coup, on réintroduit la notion de GT Experimentale, les prototypes.

Eric Broadley va se baser sur ce règlement pour dessiner sa Lola Mk6. Pour cela, il va tout simplement prendre le meilleur des solutions techniques existantes et les combiner dans une seule auto. Le premier prototype est assemblé très vite, la voiture est conçue fin 1962 et exposée à Londres début 1963.

La voiture va reposer sur une monocoque, en acier pour le prototype, par manque de temps. A l’avant une structure tubulaire accueille le radiateur et les suspensions. A l’arrière le moteur est directement fixé à la structure et les suspensions viennent s’ancrer sur la boîte. Ce sont des solutions empruntées aux F1, tout simplement.
La carrosserie dessinée par John Frayling épouse le châssis au maximum. Encore une fois, on est au top de la technologie, c’est la fibre qui constitue la carrosserie de la Lola Mk6. Les porte à faux sont réduits à leurs minimum.

Pour propulser cette auto, c’est vers une mécanique américaine que se tourne Eric Broadley. C’est un V8 Ford, le fameux 289 Ci, soit 4.727 cm³. Avec quatre carburateurs Weber, la bête sort 400ch et 46.2 Nm. Ce moteur est accouplé à une boîte Colotti, la seule capable de résister à ce couple, alors très élevé.

Côté performances, la voiture n’est pas si légère avec un si gros moteur. 950 kg. Mais avec une telle puissance, elle atteint tout de même les 290 km/h !

Début en course dès 1963

La Lola Mk6 apparaît en course le 11 Mai, elle a raté les essais du Mans. Tony Maggs la mène néanmoins vers une superbe 9e place. On parle ici toujours du prototype, la version aluminium est encore en chantier à l’usine.
Aux 1000km du Nürburgring, la Lola Mk6 fait ses débuts sur la scène internationale. Maggs est épaulé par Bob Olthoff. Avec une belle qualification en 9e place, ils doivent cependant abandonner suite à des problèmes de boîte.

La belle aventure de la Lola Mk6 aux 24h du Mans 1963

Jusqu’à présent, seule la voiture au châssis acier, celle de la présentation, courait. Deux autres voitures avec une structure aluminium sont mises en travaux. La première, engagée pour Love et Maggs n’arrivera jamais au Mans. La seconde, engagée pour Attwood et Hobbs va arriver au Mans, mais trop tard. C’est Broadley lui-même qui amène la voiture au Mans, par la route !

Elle a raté les versification. Mais au final, les officiels de l’Automobile Club de l’Ouest vont quand même regarder cette nouvelle auto. Mais ils trouvent très vite à redire. La prise d’air centrale bloque la rétrovision et le réservoir est trop grand. Qu’à cela ne tienne, l’équipe Lola va travailler comme une dingue pour rendre la Lola Mk6 conforme. On va donc enlever la prise d’air de toit et installer deux prises d’air latérales. Pour le réservoir, on insère dedans des bouteilles vides !

Les organisateurs sont tellement impressionnés par ces travaux que la Lola Mk6 est déclarée conforme et pourra courir. Le problème, c’est que la voiture n’a pas pu participer aux essais et qu’elle va prendre part aux qualifications avec des rapports de boîte désastreux. On est donc 30 km/h en dessous des attentes avant de freiner à Mulsanne… Résultat : 22e place au départ.

En plus de ces problèmes d’étagement, la Lola Mk6 va connaître des problèmes de sélection de vitesse. A tel point qu’à la 15e heure, un problème va entraîner un blocage et mettre fin aux ambitions de la voiture.

Le destin de la Lola Mk6 est en marche

Le châssis du Mans ne va pas être perdu pour tout le monde. En effet, à Détroit, chez Ford, on est plutôt mécontent du résultat de la course. Les nombreuses voitures équipées de V8 de la marque, Cobra Daytona en tête, se sont fait battre par Ferrari qui squatte les 6 premières places du classement ! En plus Ferrari a mené en bateau Ford sur la question de son rachat. Ford veut battre Ferrari sur son terrain en construisant sa voiture.

C’est la Lola Mk6 du Mans qui va être utilisée par Ford comme base de travail pour la Ford GT40. Eric Broadley sera même intégré au programme. Le reste, c’est dans l’histoire de la course avec la carrière de la Ford GT40. Vous pouvez en savoir plus sur notre article dédié, visible ici.

Reste la Lola Mk6 LGT-2

Le programme Lola Mk6 arrêté, sans avoir pu réellement briller, la deuxième Lola Mk6 « alu », en construction au moment des 24h du Mans est revendue. Elle part aux Etats-Unis courir sous la bannière du Mecom Racing Team.

Elle fait ses débuts au mois d’Août à Brands Hatch où Augie Pabst se qualifie 24e mais abandonne. Son moteur est cassé et on le change… par un Chevrolet de 530ch !
La voiture ne se présentera pas au 500 Miles de Road America ou Pabst devait courir avex Roger Penske.
On la retrouvera à Nassau en décembre, pour la Bahamas Speed Week, qu’elle va d’ailleurs remporter, devant les Cobra !

Début 1964, elle est engagée aux 12h de Sebring. Pabst est épaulé par Walt Hansgen. Les qualifications sont catastrophiques, 63e place. Au final, la voiture va abandonner.

Elle connaîtra deux arrivée en SCCA, à Road America où elle est 7e et Brands Hatch où elle arrive 11e. Un abandon soldera son engagement aux 500 Miles de Road America et un accident aux essais de Riverside marquera la fin de sa carrière.

La Lola Mk6 de nos jours

Il reste désormais deux châssis de la voiture. Le dernier ayant été transformé par Ford pour ses essais de GT40. C’est l’un d’eux qu’on a pu voir au Mans. Cocorico, c’est Patrick Bardinon qui était au volant. Ses performances étaient correctes, mais, à l’image de sa carrière, sa fiabilité n’était pas au rendez-vous et elle n’a pas pris part aux courses.

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