Une Morgan pas comme les autres, la Morgan SLR

On la voit souvent sur les plateaux Peter Auto, mais la voiture n’a jamais fait Le Mans, donc elle était absente du Mans Classic. Cela ne m’empêche pas d’avoir envie d’en savoir plus sur cette auto, et du coup vous partager son histoire.

Du coup, c’est une auto qu’on a plus l’occasion de voir sur d’autres manches « moins connues » du calendrier, dont le Grand Prix de l’Age d’Or ou encre la Dijon Motors Cup dont proviennent les photos de cet article.

Avant la SLR, Chris Lawrence est déjà à fond sur les Morgan

A l’origine de la Morgan SLR on trouve un homme : Chris Lawrence. En 1958, cet anglais troque sa Triumph TR3 pour une Morgan +4. La voiture est plus fiable et moderne que la TR3, mais conserve un moteur Triumph, que Chris Lawrence juge plus simple à préparer.
Après une série de victoires sur sa voiture, préparée par ses soins, il quitte son travail et ouvre l’officine Lwarencetune, spécialisée dans la préparation des moteurs de la marque Triumph.

Ses victoires tapent dans l’œil de Charles Morgan himself. Le fondateur de la marque lui commande une série de moteurs qu’il monte dans une série spéciale, la Morgan Super Sports.
Le meilleur fait d’arme de Chris Lawrence se passe les 23 et 24 Juin 1962 du côté du Mans. La voiture engagée par l’usine Morgan, qu’il partage avec Richard Shepard-Baron remporte la classe GT 2.0L aux 24h du Mans avec une 13e place finale.

Chris Lawrence sait que Porsche va répliquer et que sa « simple » Morgan +4, même améliorée, ne suffira pas.

Sprinzel Lawrence Racing : l’origine de SLR

Le déclic arrive de Nigel Sprinzel, préparateur pour les rallyes qui envoie Niel Dangerfield chez Lawrencetune pour préparer un moteur. De la rencontre vient l’idée de préparer des Morgan +4 de façon radicale.

Avec le soutien du pétrolier British Petroleum, BP pour les intimes, les trois compères vont atteler à modifier profondément des Morgan +4. C’est Chris Spender qui signe les premiers dessins, qui seront ensuite affinés par Charlie Williams, carrossier connu pour être le Williams de Williams & Pritchard.
On garde un châssis de Morgan +4, que l’on raccourcit, et par dessus on pose une superbe carrosserie en fibre de verre, bien plus aérodynamique et moderne que n’importe quelle Morgan, y compris les plus récentes !

Petit rappel, la voiture n’a pas un châssis en bois, comme les autres Morgan d’ailleurs. Si vous pensez le contraire, on vous invite à lire cet article.

Du côté moteur, Lawrencetune fait des merveilles. Avec deux carbus Weber, le 2.138 cm³ (nouvelle cylindrée) est porté à maintenant 156 ch !

C’est ainsi que naît la Morgan SLR, pour Sprinzel Lawrence Racing. Quatre exemplaires vont être construits.

Premières courses en 1964 pour la Morgan SLR

La première voiture est à peine livrée à son client qu’il la détruit dans un spectaculaire accident à Goodwood. Les trois autres voitures seront utilisées dans différentes courses. Néanmoins, l’arrivée de la Porsche 904 va largement contrecarrer les plans du Spinzel Lawrence Racing.

En plus la fiabilité n’aide pas, la Morgan SLR que Lawrence partage avec Arnold abandonnera aux 1000 Km du Nürburgring. Aucun grand résultat n’est à noter, et Lawrence dispute les 24h du Mans sur des Deep Sanderson 301, pas sur sa création.

Comble de malchance, Lawrence va avoir un très gros accident qui va manquer de lui faire perdre la vie. Il ne pourra donc pas développer la Morgan SLR comme il l’entend…

Sa carrière sera de toute façon barrée par la concurrence. On avait aussi espéré que Morgan serait intéréssé par produire la Morgan SLR. Seulement, Morgan était déjà à l’époque très attaché au design si particulier de ses autos. Et aucun de ses clients ne se montrera intéressé…

Les Morgan SLR ont toutes survécus et on les rencontre encore régulièrement en Europe, de Goodwood à Dijon, mais pas au Mans donc !

 

 

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