Les 8 cylindres à la française, luxe, protos et rareté

Un 8 cylindres est un moteur pour les plus belles autos, ça personne ne dira le contraire. Il y a fort longtemps (presque dans une galaxie lointaine), quand la France était au top de la production automobile mondiale, les constructeurs produisaient des autos à 8 cylindres en ligne et en V.

Dans cet article, vous trouverez de tout, des autos de sport, du haut de gamme, des très vieilles, des un peu plus récentes et malheureusement quelques projets qui n’ont jamais vu le jour.

Le luxe et le sport à la Française : les 8 cylindres Bugatti

Bugatti va commencer avec des 4 cylindres, tous pointus, ce sont des pièces d’orfèvrerie. Mais quand Bugatti a besoin de plus de puissance, il réalise d’abord un premier prototype, la Bugatti Type 28, qui embarque un 3L mais qui restera un prototype. Ensuite, ce sont les moteurs de série qui arrivent.

Le premier 8 cylindres Bugatti à être produit en nombre conséquent est celui de la Type 29 de 70ch. Avec une cylindrée de 1991 cm³, il sera monté sur la Type 30, la Type 32 et il gagnera ses galons sur les Type 35 qui reste une voiture de course absolument incontournable avec plus de 2000 victoires en course, rien que ça, il développe alors entre 75 et 120 ch.

Il passera à 2262 cm³ sur la Type 35B puis sur la Type 51 qui remplacer la 35 avec des puissances allant jusqu’à 140ch. On en trouvera aussi une version plus petite sur la Type 39 avec 1493 cm³ de 120ch.

Les Type 50 à 53 recevront elles un moteur de 4972 cm³, la puissance fait forcément un bon avec 225 ch.

Enfin les Type 57, voitures mythiques et vrais succès de la gamme recevront un 3287cm³ de 140 à 220 chevaux selon les version. Ce moteur équipera aussi la Type 101 après guerre.

Mais le plus emblématique, le plus fou c’est le 8 cylindres 12.763 cm³ de la Type 41, alias la Bugatti Royale. Conçue comme la reine absolue de la route, le moteur sort environ 300ch. Las, la voiture ne sera pas le succès escompté, pire, elle grèvera les finances de Bugatti, seuls 6 exemplaires étant vendus, mais d’autres moteurs avaient été construits. Ils seront heureusement adaptés à des autorails.

Les Renault Reina et Nerva

Des Renault avec un 8 cylindres, et oui. L’architecture est là classique, en ligne. C’est la Reinastella qui apparaît la première ne 1929 avec un 8 cylindres en ligne de 7.125 cm³ pour 120ch. Ensuite va apparaître la Nervastella, l’année suivante avec un plus petit moteur de 4.240 cm³
Les autos seront déclinées avec plusieurs cylindrées, 5448 cm­³, et 4825cm³. Les modèles aussi seront déclinés. La Reinastella sera allégée en Reinasport et ensuite déclinée dans un haut de gamme, qui restera la voiture présidentielle jusqu’en 1950, la Suprastella !
La Nervastella deviendra aussi Nervasport avec une cure d’allègement. Les Renault 8 cylindres disparaîtront de la gamme en 1936.

Les Ford et Simca Vedette

L’histoire des Ford et Simca Vedette remonte même à un autre constructeur, Mathis. Ce dernier s’allie à Ford pour monter Matford et produit ainsi à partir de 1934 une grosse voiture à V8 Ford. La co-entreprise ne survit pas à la guerre et Ford lance en 1948 la Ford Vedette. Elle s’équipe d’un V8 de 2.158 cm³ qui lui permet de sortir la bagatelle de… 60 ch. Sa conception n’est pas très moderne puisque le moteur garde des soupapes latérales. La voiture est un des haut de gamme à la française et se dote même d’une version carrossée par Facel, plus racée, la Ford Comète.

En 1954 cependant, Simca, qui a besoin d’une nouvelle usine, rachète Ford France et son usine de Poissy. Dans les cartons, on a aussi la nouvelle Ford Vedette, avec un design modernisé, c’est la Simca Vedette. Pas de miracle côté performances, et même si on pousse le moteur à 2.351 cm³, il culmine à 80ch, rien de sportif donc. La Simca Vedette va rester au catalogue de la marque jusqu’en 1961, après un restylage en 1957, et reste à ce jour le dernier V8, et même le dernier 8 cylindres, Français de série ! Toutes les infos dans notre article dédié en cliquant ici.

Darracq et les V8

Cette voiture là n’est pas sortie en série, c’est vrai, mais c’est une superbe réalisation d’un constructeur français aujourd’hui disparu, Darracq. La première voiture qu’Alexandre Darracq a équipé d’un V8, on a pu la voir à Retromobile cette année. En effet, cette voiture amenée par le musée de Beaulieu est une voiture de record. Cette auto n’a eu qu’une courte carrière puisque les essais de record qu’elle a mené se sont déroulés entre 1905 et 1906, entre la France et les Etats-Unis. Au final, avec son V8 de 22.5 litres de cylindrée et 200ch, son meilleur score fut de 197.06 km/h !
L’exemplaire visible ici est une reconstruction, faite avec le V8 d’époque !

Darracq sortira même la Type A en 1920, propulsée par un V8 de 4.5L mais la voiture, très chère, ne se vendra pas bien.

De Dion Bouton CJ, le premier V8 de grande série

En 1910, De Dion Bouton est au sommet de la production automobile française, et donc à l’époque, mondiale. C’est le moment que De Dion, qui a longtemps équipé les autres constructeurs avec son monocylindre, choisit pour se lancer dans le 8 cylindres avec V8. La CJ fait 6.1L de cylindrée et 35ch ! Il évoluera en 7.8L et même en 14.7L pour les Etats-Unis.
La guerre va interrompre sa production, mais De Dion proposera encore une voiture V8 après guerre. A la fin des années 1920, la marque troquera ce moteur contre un 8 cylindres en ligne.

Chenard et Walcker Aigle 8

Dans les années 30, Chenard et Walcker, marque française comme son nom ne le laisse pas deviner, est encore portée par sa victoire aux 24h du Mans. La gamme est composée de plusieurs voitures appelées Aigle.
C’est en 1933 que la marque propose la Aigle 8, équipée d’un V8. La marque ne va pas très bien et elle va progressivement disparaître avant la seconde guerre mondiale. Avant, elle sera rachetée par Chausson qui montera dans cette auto le V8 des Matford, dont Chausson produit les carrosseries. En tout cas, ces autos sont simplement superbes.

Le « V8 PRV »

Le V8 n’était pas encore mort dans la tête des ingénieurs français dans les années 60 et 70. En parallèle du développement de la version V6, la Française de Mécanique à Douvrin, développe le moteur de type ZO. De même cylindrée unitaire que le 2664 cm³, ce futur 8 cylindres de 3.55 est stoppé en pleine étude par le premier choc pétrolier qui fait déjà bien mal au V6.
Au moment où aurait pu reprendre son étude, les normes américaines évoluent et le second choc pétrolier achèvera le projet qui n’ira pas pas plus loin que les 12 prototypes.
Dommage une Peugeot 604 ainsi dotée aurait eu fière allure face aux allemandes.

La Traction 22

Comment ne pas en parler. En bref, vu que l’histoire est archie-connue, quand Citroën dévoile sa révolutionnaire Traction en 1934, il y a plusieurs versions. Deux versions à 4 cylindres, les 7 et 11 CV, et une version 22CV, une Traction imaginée avec un V8. Une vraie reine de la route, prévue pour une sortie proche mais qu’on montre sans son moteur tournant.

Finalement, la 22 sera abandonnée et Citroën se contentera de la 15-6. Avant ou après la sortie des premiers modèles ? Telle est la question qui reste encore en suspens. Certains cherchent des trésors dans les îles, d’autres les Tractions 22 et son 8 cylindres…

La confidentielle Peugeot 802

Renault et Simca ont eu leur 8 cylindres, Citroën a failli. Et Peugeot, et bien comme Citroën ! Vu qu’elle est moins connue, petit focus :

En 1936, la marque au Chevron n’a pas le monopole de l’étude de voitures dotées de V8, chez Peugeot on s’affaire également. La gamme 02 est apparue chez le constructeur au lion avec sa ligne Streamline inspirée de la Chrysler Streamliner. Les phares sont derrière la calandre et les petites 202 côtoient les 302 puis les Peugeot 402.

En haut de la gamme on réfléchit à une grande routière, équipée d’un moteur V8. Là encore, comme sur la Traction 22, le modèle de route ne sera jamais commercialisé… mais il a bien existé. C’est simple, les moteurs V8 sont encore au nombre de trois, dûment répertoriés, et si ils ne sont plus montés dans les voitures d’origine, ils approuvent de l’existence de la voiture.

Qu’était la Peugeot 802 ? Et bien imaginez une Peugeot 402 étirée, reprenant les mêmes codes stylistiques mais avec un moteur bien plus puissant. Une reine de la route potentielle.
Là où on rejoint l’histoire de la Peugeot 402 Andreau, c’est que l’ingénieur aérodynamicien ne travailla pas que sur des 402, sa carrosserie N4X, plus aérodynamique que la carrosserie d’origine, a été montée sur une Peugeot 802. Le porte à faux arrière était encore plus long, dans le but de générer plus d’appui, particulièrement utile pour une voiture puissante comme la 802. L’étude était très avancée et plusieurs moteurs ont tourné, les monogrammes étaient dessinés, mais la voiture a été abandonnée…

Quelques photos de la Andreau vous donneront une bonne idée de ce qu’on a malheureusement raté.

On termine en beauté, mais vous, est-ce que vous en avez d’autres en vue ?

 

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Une réflexion au sujet de « Les 8 cylindres à la française, luxe, protos et rareté »

  1. bonjour,je me suis assis dans la 8 cyl.Robur 1100cc….elle avait fière allure mais je n’ai pas entendu son chant!!elle doit etre dans le sud…qui a des nouvelles?

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