Coupé et break de chasse atypique, la Volvo P1800

Stupeur, sur News d’Anciennes on a jamais parlé de Volvo ! Heureusement, le passage d’un nouveau palier au niveau de nos « j’aime » sur notre page facebook, on vous laisse deviner, nous permet de parler d’une auto atypique, et pas seulement parce qu’elle est suédoise : la Volvo P1800.

Genèse difficile pour la Volvo P1800

Comme souvent lorsque l’on parle d’un Coupé ou d’un Cabriolet, bref, toute autre auto qu’une berline, l’apparition dans la gamme naît de la volonté de dynamiser la gamme. En 1956, Volvo y passe et propose une auto d’inspiration américaine, la Volvo P1900 utilise comme elle une carrosserie en fibre de verre. Le projet est mal ficelé et la voiture est de mauvaise qualité, 68 sont construits. Quelques autos infos sur Boitier Rouge en cliquant ici.

Du coup, on lance très vite le projet pour le remplacement de cette auto, ce sera la Volvo P1800. Aux manettes on trouve l’ingénieur Helmer Petterson. Pour le style, c’est vers l’italien Ghia qu’il se tourne. Seulement le studio est surchargé et confie le projet à Frua. Chez Frua on propose trois esquisses, anonymes, et chez Volvo on choisit celle d’un jeune employé, Pelle Peterson, le fils de Helmer !
C’est comme ça que naît le style très fluide de ce coupé avec un pavillon très bas et des ailerons tout à fait dans l’air du temps.

Malgré le fait que les prototypes sont assemblés dès 1957, on rencontre un problème pour fabriquer la Volvo P1800. L’usine de Göteborg est saturée, décidément, la future usine ne sera disponible qu’en 1964 et il faut donc se résoudre à faire sous traiter la fabrication. Les italiens ne peuvent pas, Fiat notamment est un client à ne pas froisser. On contacte Karmann, qui a le même problème vis à vis de VW ! Finalement, c’est au Royaume-Uni que va se fabriquer l’auto. La caisse est emboutie en Ecosse chez Pressed Steel Ltd, l’assemblage se faisant chez Jensen.

Pour la partie technique, la voiture repose sur une plate-forme d’Amazon qu’on a raccourci. Du coup les trains roulants à triangles superposés sont repris tout comme les freins avant à disques Girling.
Le moteur est lui le nouveau B18B, le plus puissant disponible chez Volvo. Avec 1778 cm³ alimenté par deux carburateurs SU, la bête sort 100 chevaux.
Avec un poids contenu à 1120 kg, elle frise les 160 km/h.

Les débuts poussifs de l’élégant coupé

Finalement présentée au salon de Bruxelles en Janvier 1960, la voiture n’est pas pressée d’arrivée en concessions. C’est finalement plus d’un an plus tard, au printemps 1961 que la Volvo P1800 est enfin livrée à ses premiers clients. Roger Moore alias Le Saint offre une belle pub à la Volvo P1800 à partir de 1962. Cela contrebalance un peu les déboires des premiers clients, les voitures n’étant pas très étanches et la peinture s’abîme très vite. 6000 exemplaires sont construits en 1963 quand Volvo récupère la fabrication en Suède. Les caisses arriveront toujours d’Angleterre, mais cette maîtrise de l’assemblage va vitre être la source d’une belle hausse de la qualité de fabrication.

Pour marquer le changement, la voiture se baptise Volvo P1800 S. Du côté des changements, les sièges arrières deviennent rabattables, les enjoliveurs sont les mêmes que sur l’Amazon et on peut choisir des jantes à rayons Robergel.
A l’automne, le moteur gagne quelques chevaux pour atteindre les 108 et la vitesse max passe à 175 km/h.

En 1965, on rafraîchit le style en le simplifiant par la suppression de chromes, une nouvelle face avant se dessine autour d’un pare-choc en une seule partie et une grille de calandre plus mince. Enfin les jantes de l’Amazon sont proposées. La Volvo P1800 S en profite pour devenir simplement la 1800 S.

En 1967 on enlève encore des chromes en faisant s’arrêter la baguette latérale avant les roues arrières et on propose l’ultime évolution du moteur avec 115 chevaux.

En 1969 apparaît sous le long capot de la suédoise le moteur B20 B de 1986 cm³ de cylindrée qui sort 118ch. La voiture n’en change pas de nom pour autant et seul un écusson permet de savoir que c’est le nouveau moteur qui est arrivé. Autre nouveauté, les roues arrières reçoivent elles aussi des freins à disques.

En 1970, le moteur évolue en passant à l’injection Bosch. La voiture se nomme 1800 E, son moteur le B20 E et la puissance est de 130 ch. L’objectif est simplement de contrer les futures normes américaines, le marché qui absorbe 4 autos sur 5.
On en profite également pour renforcer l’image de la voiture pour doper ses ventes sur le vieux continent. Au programme, un tableau de bord en bois peint, de nouvelles jantes avec boulons apparents, une lunette arrière dégivrante et parfois des appuie-têtes.

C’est aussi en 1970 qu’on lance l’étude d’un break dérivé de ce coupé. Les projets italiens sont laissés de côtés et c’est un designer maison qui signe le superbe break de chasse qui apparaît en 1971 sous le nom 1800 ES.
Le moteur est gonflé à 135 ch et on peut monter une boîte automatique en option.

Le coupé va être retirée de la vente en 1972, le break va lui attendre Juin 1973. 47.462 Volvo P1800 auront donc été construites dont pas moins de 8.077 breaks, un beau succès en si peu de temps.

La Volvo P1800 de nos jours

Son style est resté dans les anales et la voiture n’a finalement pas été si diffusée que cela, particulièrement en Europe. Aux Etats-Unis elle est plus répandue et c’est par exemple là bas qu’un propriétaire a offert à l’auto le record homologué de l’auto ayant couvert le plus grand nombre de kilomètres, 4 828 032 kilomètres en 2013 au moment de l’homologation du record.

Au niveau de la cote, comptez en 20.000 et 23.000 € pour un coupé, les Jensen étant les plus rares sont les plus recherchés.
Concernant les breaks, on atteint plutôt les 28.000 € !

 

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