Road-Trip, à la découverte de l’Anjou en Renault Caravelle

Avoir une voiture ancienne c’est bien. S’en servir c’est mieux ! On peut rouler avec une voiture ancienne tous les jours ou aller plus loin à son volant. On vous propose de découvrir le road-trip en Anjou que l’on a fait au volant d’une Renault Caravelle, avec probablement quelques idées pour vos prochains week-ends en ancienne.

Jour 1, étape 1, récupérons la Renault Caravelle

Ma Simca 1100 n’est pas en grande forme et aurait besoin d’une grosse réfection du train avant. Et pour faire le trajet Troyes-Angers, ça ne va pas être possible. Qu’à cela ne tienne, on a une autre solution, récupérer une voiture ancienne sur place.

Etape 0, en patientant, on va déjeuner sur l’aéroport de Marcé où un restaurant est établi. On penserait trouver un bistrot avec une carte de brasserie, mais on est réellement dans un vrai restaurant, servant des spécialités de la région cuisinées de façon raffinée. La spécialité locale est le saumon, qui est fumé par un des propriétaires, et qui ne vient pas de la Loire, c’est désormais interdit.

En sortant, on passe voir l’Espace Air Espace juste à côté. Ce musée est en fait bien plus, puisque les membres de l’association restaurent les avions et les planeurs pour leur permettre de voler. Les avions vont des constructions rudimentaires du début du 20e siècle aux avions à réaction, on trouve de tout. L’espace est particulièrement didactique et propose plusieurs éclatés de moteurs et quelques ateliers pour comprendre le fonctionnement des avions et planeurs. Dommage on passe un peu tôt, les ateliers sont ouverts mais les passionnés ne sont pas encore à l’oeuvre.

Pour ça on se dirige vers la bourgade de Fontaine-Guérin pour la première étape. On arrive devant un magnifique château et on découvre Retro Emotion. On pourrait faire un raccourci en disant que ce sont des loueurs de voitures anciennes, mais ce serait faux. Certes on peut prendre possession de voitures ancienne pour le week-end, mais ils proposent bien plus que cela. 11 programmes sont à la disposition des touristes avec 11 parcours différents. Tous sont prévus en voiture ancienne, avec la vôtre ou une des leurs d’ailleurs. Ces escapades sont clés en mains et vous n’avez plus qu’à suivre le road-book très complet qu’on vous remet et vous n’avez plus qu’à suivre pour découvrir l’Anjou.

De notre côté on a choisi de suivre leurs recommandations, mais de le faire à la carte, avec la location d’une voiture et diverses visites dans tout l’Anjou. Concernant les autos, on a le choix, Retro Emotion propose quatre autos : une Peugeot 203, une Renault Caravelle, une Renault Dauphine et une Citroën Traction. Si la tentation de rouler dans la mythique Traction est réelle, il fait beau, entre les gouttes, et la tentation de partir en cabriolet est grande, et on choisit donc la Renault Caravelle rouge.

Concernant la location, on vous parlera de Retro Emotion en détail dans un autre article, en attendant, on suit les recommandations, et on prend plein sud vers la Loire.

Jour 1, étape 2, les bords de Loire en Renault Caravelle

Nous sommes déjà en milieu d’après-midi et on aura pas le temps pour des visites. Du coup c’est sur les routes que nous allons découvrir la région. On prend donc direction plein sud, direction La Ménitré. C’est là qu’après avoir esquivé les gouttes, on décapsule. La Caravelle est un cabriolet, on a du soleil, autant en profiter ! En bord de Loire le vent est fort mais pas de problème, les remous sont assez faibles dans la voiture et on suit le fleuve direction Les Rosiers sur Loire, côté Nord de la loire, juste au bord du Fleuve sur ce que l’on appelle la Levée de Loire.

Ensuite, on traverse la Loire, et on suit une petite route sur la rive sud. La route est assez étroite mais roulante, on apprécie la voiture à allure modérée et on passe dans de jolis villages. Sur le fleuve, des embarcations emmène des touristes. Ceux que nous croisons en bord de route, eux, tournent la tête sur le passage de la Renault Caravelle.

On continue jusqu’après la confluence avec la Maine et on traverse. On contourne Angers par l’ouest sur des routes départementales très plaisantes. La voiture, légère mais suffisamment puissante, nous emmène bien et on s’amuse à son volant. Gare à la visibilité, les routes en bocages sont certes très amusantes mais on ne voit pas ce qui arrive en face !

Jour 1, étape 3, le château de Noirieux

Notre étape du soir, c’est le Château de Noirieux. Classé Relais et Châteaux, l’écrin est forcément superbe ! L’accueil est parfait et on prend possession de la chambre, grande et pleine de charme. La notre est située dans les anciennes dépendances. En fait on a trois espaces, les dépendances, l’ancien manoir, et le Château actuel.

Le jour n’est pas tombé, j’ai le temps de profiter des allées pour prendre plein de photos de la Renault Caravelle. Le parc bien entretenu et ombragé s’y prête. L’accès à la terrasse aurait été sublime, mais il est réservé aux piétons. La vue sur la vallée du Maine et ses plaines inondable est géniale.

Le repas du soir est à la hauteur du lieu. Après un apéritif dans un des salons du Châteaux, la propriétaire des lieux vient nous en conter les particularité. Ensuite, on passe à table.
Le menu Bistrot ravira vos papilles et vous fera découvrir les terroirs locaux. L’Anjou n’a pas de vraie spécialité locale, mais on y cultive des Champignons et on y Pêche dans la Loire, en plus des vins. On a donc des ingrédients de qualité pour votre repas. Et effectivement, c’est succulent. Niveau vin, on est très bien conseillé ! A la fin du repas, on a bien mangé, mais par gourmandise, on en reprendrait !

Jour 2, étape 1, la route vers le nord Anjou

Après une nuit très calme et un petit déjeuner de champions, on découvre le château tout aussi beau au lever du jour. On prend congé et on file direction le nord du département, à la limite de la Mayenne.

La route est semblable à celle que nous avions parcourue à l’aller avec des routes de bocages, avant de devenir plus rectiligne. La campagne du nord de l’Anjou est verte et fort jolie. On pourrait presque faire un jeu pour découvrir le nombre de châteaux visibles depuis la route. En tout cas, on est pas dans le même genre de paysages.
La Renault Caravelle est toujours au top et on roule capoté, sans bruit. La météo n’engage pas encore au décapotage.

Jour 2, étape 2, la Petite Couère

On rejoint notre visite du matin, la Petite Couère. L’endroit est génial, et venir en famille doit être particulièrement sympathique. Sur 80ha, en bord de rivière (Couère signifie Gué) s’étend un vaste parc de loisir, à la limite entre le Zoo et l’Ecomusée. Le parc, que l’on découvre en petit train, mais que l’on peut aussi arpenter à pied est vaste et accueille diverses espèces animales, des Taureaux aux Daims en passant par des cerfs et des moutons. On peut même accéder aux enclos en prenant soin de refermer la porte derrière soi.

Au bout du petit train, un village à l’ancienne, un grand corps de ferme remis à neuf, nous replonge dans l’atmosphère des petits villages du 20e siècle avec différentes habitations, des commerces, des artisans, bref on redécouvre un passé pas si lointain. Pour info, on peut aussi manger sur place et les enfants peuvent faire des tours d’un beau manège à l’ancienne.

En remontant vers l’entrée, on découvre les espaces qui raviront les amateurs de mécaniques. Le propriétaire des lieux est un collectionneur et a commencé son oeuvre il y a 60 ans ! On retrouve l’ambiance Ecomusée avec la reconstitution d’un atelier de mécanique, voisin de l’atelier d’un usineur.

Ensuite, grosse collection de véhicules hippomobiles avec quelques autos et camions, mais surtout, un hangar entier d’automobiles de collection. Et il y a de tout, des Renault 4CV et Citroën 2CV les plus populaires aux véhicules plus prestigieux, telle la Panhard sans soupapes ou la Citroën DS21 ie. Les voitures sont poussiéreuses mais elles sont bien accessibles et de tous les types. Une belle collection, avec des autos qui ne demandent qu’à rouler plus !

En plus de ces autos, les amateurs de mécaniques seront heureux de retrouver la belle collection de mécaniques agricoles. Les tracteurs exposés permettent de retracer les équipements des fermes des années 1920 à 1960. Là aussi, ces tracteurs sont en très bel état.

On termine avec une exposition de cycles qui mêle les vélos et les cyclos. C’est définitivement une des attractions du Nord Anjou et on vous invite à y aller, à deux ou en famille, tout le monde y trouvera à voir !
Avant de repartir de la Petite Couère, le soleil est revenu on en lève donc le haut sur la voiture, et c’est parti direction le sud.

Jour 2, étape 3, la route entre Nyoiseau et Brissac

Deux parties de l’Anjou et deux types de routes. D’abord au nord de la Loire, entre Nyoiseau et St Georges sur Loire. Là, on a affaire à de larges routes… droites. Si vous avez une voiture peu maniable, vous serez bien. Dans notre cabriolet, on conduit décapoté et coude à la portière, on profite du paysage et on est sur un joli rythme de croisière.

Sitôt la Loire passée, à Chalonnes sur Loire, on prend la direction du Château de Brissac et là on retrouve des routes plus amusantes. La Renault Caravelle n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une voiture sportive, son petit moteur de 50ch ne vous emmènera pas vite, mais les routes ici ne permettent pas de prendre de la vitesse. Par contre, on est au milieu des coteaux du Layon, les mêmes que le vin, oui, c’est la spécialité locale, et les routes sont sinueuses juste comme il faut.
On a droit à une série de pouces levés quand on traverse Beaulieu sur Layon où les amateurs d’automobiles sont réunis ce Samedi pour un rallye. Forcément les connaisseurs savent reconnaître les belles autos.

On arrive ensuite au château de Brissac, château bien plus grands que les autres visibles un peu partout en Anjou. Les amateurs de patrimoine découvriront un superbe château, dont la transformation renaissance ne fut jamais achevée et qui garde ses tours moyennageuses. Le château est superbe et on peut visiter en grande partie la demeure. Dans la salle des portraits, qui retrace l’histoire de la famille de Brissac, on découvre l’histoire de Anne de Rochechouart de Mortemart, aussi connue comme la duchesse d’Uzès. Pourquoi on vous en parle ? Car la dame fut la première à passer le Certificat de Capacité Féminin, ancêtre du permis de conduire pour ses dames, la première cliente de Delahaye à qui elle commanda une Type 1, la première à se prendre une contravention pour excès de vitesse à son volant, et enfin, la première présidente de l’Automobile Club Féminin.

Avant de repartir du château, détour par les caves pour découvrir les cachots d’un côté et la production viticole de l’autre.
Et avant de repartir de la bourgade, on leste la voiture en testant sa capacité à accueillir dans son coffre avant les spécialités locales répondant aux noms de Rosé de Loire, Coteaux du Layon, Anjou Village et Cote d’Aubance. Attention, on les entrepose, on ne les boit pas tout de suite !

Jour 2, étape 4, la route entre Brissac – Rochemenier

On quitte le beau château de Brissac pour aller s’enterrer, au sens propre. Rochemenier est en effet un village troglodytique de plaine. Ici les troglo ne sont pas à flanc de falaise ou de coteau, ils sont directement creusés dans le sol en contrebas des maisons et des routes.

On va séjourner à l’hôtel Rocaminori qui propose 12 chambres. Certaines comme la notre sont des chambres construites dans des habitations elle-mêmes au fond du « trou ». D’autres chambres sont directement dans la roche. L’hôtel est moderne et les propriétaires sont passionnés par les troglodytes, un vrai morceau de l’histoire de ce village dont seule la moitié est en surface. C’est simple, il y a ici deux cadastres ! On les écoute nous raconter comment ils ont ouvert cet hôtel il y a deux ans, comment ils pourront encore l’agrandir, notamment avec l’arrivée prochaine d’un ensemble piscine-spa creusé dans la roche, et comment ils ont fait cela, à force de déblayage et de coups de marteau-piqueur.

En plus de cela, petit bonus, le patron est un passionné de voitures anciennes. Il possède en effet lui-même deux Citroën C4. L’une est dans la famille depuis plusieurs générations, l’autre est l’ancienne voiture enseigne du restaurant. Les deux autos sont arrêtées mais dans un très bel état et ne demandent qu’à repartir. On nous confie que cela ne saurait tarder, bonne nouvelle !

On finit la journée par le restaurant, première affaire des propriétaires avant qu’ils n’ouvrent l’hôtel. Appelé les Caves de la Genevraie, il propose une spécialité de l’Anjou, la Fouace. A l’origine, cette boule de pain était lancée dans le four pour en vérifier la température. Elle était ensuite mangée garnie.
On nous propose là de la garnir avec des champignons persillés en entrée, puis avec une potée de haricots blancs et rillauds. L’ensemble fait penser à un cassoulet local, c’est super bon ! Le tout est accompagné d’un vin rouge local aux notes poivrées.
Au milieu du repas on nous invite à découvrir le four à fouaces et les anciennes galeries qui jouxtent le restaurant où on peut découvrir des objets de la vie courante du siècle dernier.
Retour au restaurant pour le fromage et un bon dessert. On sort de table sans avoir faim !

Jour 3, étape 1, Rochemenier – Doué-la-fontaine

On commence par un copieux petit-déjeuner, dans le second restaurant troglodytique, moins utilisé désormais mais avec une ambiance toute aussi atypique. On prend ensuite la direction de Doué-la-fontaine pour un musée qui n’était pas au programme. On se dirige donc au Musée des Commerces Anciens. Installé dans les anciennes écuries du Château, c’est un musée étonnant. On ne peut pas y rentrer la Renault, mais elle n’aurait pas détonné du tout.
L’intérieur est en fait une reconstitution de pleins de commerces anciens. Bistrot, chapelier, cordonnier, apothicaire, droguerie, épicerie, magasin de jouet et tabac, tout y est. Les objets d’antan sont légion et les moins jeunes retrouveront les produits de leur enfance. En plus, on profite des animations proposées par le personnel, un musée très sympathique.

Un petit garage aurait pris de la place, mais il aurait été classe !
On profite ensuite de la cour et des jardins pour une belle séance de photos.

Jour 3, étape 2, Doué-la-fontaine – Saumur

Direction Saumur pour la suite. On ne choisit pas les routes les plus sympa, dommage, la route ne nous permet pas vraiment de faire du tourisme.
Sur place, on trouve très bon restaurant, l’auberge Saint Pierre où on déguste de bons produits locaux, asperges au layon, poulet roti et un nouveau crémet, un dessert locale fait à partir de faisselle très crémeuse et de coulis de fruits rouges !

Ensuite, on va voir de très grosses mécaniques, direction le musée des blindés de Saumur. L’espace est vaste et on retrouve vite certains des impressionnants blindés que le musée amène à Retromobile chaque année.
Les blindés sont classés par thématiques On commence par les plus anciens, ceux de la première guerre mondiale puis ceux de l’entre deux guerres. Petite précision, pour prendre des photos comme les nôtres, il faudra payer une petite contribution le 5€.

Ensuite les allemands, les italiens, et les alliés pour la partie seconde guerre mondiale.

Dans le reste du musée, une grande salle accueille les blindés russes de toutes génération, on trouve une autre salle dédiée aux blindés français de la seconde moitié du 20e siècle, une salle des moteurs montrant bien le fonctionnement de ces grosses mécaniques, une salle dédiée aux grands généraux et pour finir une salle regroupant des chars de la guerre froide, anglais, américains, israéliens, et même suédois et brésiliens !

Dehors, on découvre des chars soit « déclassé » pour faire de la place aux autres, soit en attente d’une restauration pour s’exposer.

Jour 3, étape 3, Saumur – Fontaine-Guérin

Ca y est, le road-trip en Anjou touche à sa fin. On récupère une grande route en bord de Loire et on roule direction le Nord. La fraîcheur est de sortie et on profite de la capote et même du chauffage de la voiture.
Un petit plein, un peu flippant puisque le tuyau de remplissage est dans le compartiment moteur, au dessus de pièces potentiellement bien chaudes… vous imaginez la suite en cas de maladresse.

Ensuite, on arrive et on rend la voiture à Retro Emotion. Un état des lieux, logique après chaque location et un déchargement des bouteilles de vin plus tard, on est partis.

L’Anjou, c’est fini pour le moment. On se dit qu’on y renviendra, la région a tellement de choses à montrer qu’il serait dommage de ne s’arrête qu’à ces trois jours.
La voiture ? Et bien une Renault Caravelle n’est pas la première idée que l’on a quand on pense à un cabriolet, mais il faudra désormais reconsidérer la question. On en reparlera.

Un GRAND merci à Hélène Ramsamy sans qui on aurait pas pu réaliser ce beau road-trip.

Vous aimez ? Partagez !

9 réflexions au sujet de « Road-Trip, à la découverte de l’Anjou en Renault Caravelle »

  1. Merci pour ce splendide reportage et roadtrip! C’est le pied à lire et a regarder, et çà ne donne qu’une envie: rouler pour le plaisir et découvrir notre beau pays 🙂

  2. Ping : On enlève le haut les voitures françaises cabriolets - News d'Anciennes

  3. Ping : On a testé pour vous : Rétro Émotion, louez des anciennes en Anjou - News d'Anciennes

  4. Ping : On a testé pour vous : le Musée des Blindés de Saumur - News d'Anciennes

  5. Ping : Les avant guerre ont rendez-vous au Grand Prix Rétro du Puy Notre Dame - News d'Anciennes

Laisser un commentaire