Modèles à la Une : la Ferrari 250 GT Berlinetta « Tour de France »

Alors que le Tour Auto approche, toutes les infos dans notre article ici, et que l’une d’elles se trouve au départ, on vous propose de (re)découvrir cette auto à part, la Ferrari 250 GT Berlinetta Tour de France.

La naissance de la Ferrari 250 GT Berlinetta

Tout part de la saison 1955. Le pilote Armando Zampiero gagne le championnat italien des voitures de sport au volant d’une Mercedes-Benz 300 SL. Ferrari n’apprécie pas être battu sur ses propres terres et prépare une voiture pour la catégorie GT et la présente au début de l’année 1956.

La Ferrari 250 GT Berlinetta est née. Son design est l’oeuvre de Pininfarina, et l’assemblage vient de l’atelier voisin de chez Ferrari : Scaglietti. La base du châssis est celle des Ferrari 250 GT Boano, de 2600 mm, les LWB, à contrario des SWB qui feront 2400 mm. Le gros avantage est que cette voiture est déjà produite à suffisamment d’exemplaires pour l’homologation FIA en classe GT.

Techniquement, elle reprend le V12 Colombo, avec ses 250 cm³ par cylindres et cubant trois litres.Pour l’alimenter on fait appel à trois carburateurs Weber double corps. La puissance varie selon les réglages en partant de 230ch pour aller jusqu’à 260ch.
Le châssis partage de nombreux éléments techniques avec les 250 GT classiques, notamment au niveau de l’architecture tubulaire et les freins à tambours, mais le train avant est suspendu par des ressorts hélicoïdaux.

Pour arriver à cette Berlinetta, en italien, une voiture strictement deux places, on rétrécit l’habitacle, on dépouille l’intérieur et on remplace les glaces par du plexiglas. Le poids est réduit à 1180 kg, la vitesse de pointe est de 260 km/h et on passe de 0 à 100 km/h en 10,3 secondes.

Au total, ce sont 14 voitures de ce type qui seront produites par Scaglietti, quelques modèles seront carrossés par Zagato.

1956, débuts en courses de la Ferrari 250 GT Berlinetta

L’histoire de la Ferrari 250 GT Berlinetta Tour de France est liée au pilote espagnol Alfonso de Portago. Issu d’une célèbre lignée de la noblesse espagnole, il se fait repérer en 1954 et 1955 en course, au volant de voitures de sport 4 cylindres mais aussi des Lancia D50 rachetée par Ferrari et engagées en F2.

En 1956, il est une des base de Ferrari et les résultats vont être là, surtout à l’automne. Au volant de la Ferrari 250 GT Berlinetta 0557GT, la bleue de cet article, il remporte le Tour de France Automobile. Gendebien sur une GT classique prend la troisième place. Ferrari a réussi son coup.
En plus de cette victoire, De Portago va remporter les Coupes du Salon sur le circuit de Montlhéry, avec le même châssis.

La Ferrari 250 GT Berlinetta va être modifiée en fin de saison, avec l’ajout d’ouïes d’aération et des modifications de forme de la carrosserie.
La voiture va évoluer de nouveau au Printemps avec le passage à trois ouïes sur le custode. Aux Mille Miglia, De Portago se tue, il ne défendra pas son titre…
Les résultats en course sont encore là, Gendebien et Frère remportent les 12h de Reims avec une voiture engagée par l’écurie Francorchamps, devant Hill et Seidel, et Gino Munaron, eux aussi sur des Ferrarit 250 GT Berlinetta.

A la fin de l’année, le Tour de France est une nouvelle fois un terrain de jeux parfait pour la Ferrari. Gendebien et Bianchi gagnent la course pour l’Ecurie Francorchamps, devant deux autres Ferrari 250 GT Berlinetta !
Comme en 1956, le vainqueur enchaîne avec la victoire aux Coupes du Salon.

En 1958, les voitures voient de nouvelles victoires comme aux 3h de Pau, des places d’honneur aux 12h de Reims ou Sebring.
Encore une fois, le Tour de France est le terrain de jeu de la Ferrari 250 GT Berlinetta, Gendebien et Bianchi gagnent une nouvelle fois la course, et les autres voitures sont 3e, 4e et 5e !

En 1959, les voitures voient pour la première fois la piste mythique des 24h du Mans, Beurly et Eldé pour l’Ecurie Nationale Belge se classent 3e, devant la voiture de Pilette et Arrens pour le NART. Cette dernière est une Interim, plus réellement une Berlinetta au niveau de la forme, mais elle en garde la technique. Ce sont des LWB avec les carrosseries des SWB qui vont apparaître.
Au Tour de France, c’est encore la Berlinetta de Gendebien et Bianchi qui l’emporte, quatre victoires de suite pour la Ferrari 250 GT Berlinetta, ça y est, elle y a gagné son surnom de « Tour de France ».

Les nouvelles SWB vont éclipser les Berlinetta pour les années à venir et finalement ce sera les Mille Miglia 1961 qui apporteront les dernières lettres de noblesses de la voiture. Pour la dernière édition de la course, c’est Gunnar Anderson qui reporte la dernière édition de la course.

La Ferrari 250 GT Berlinetta Tour de France de nos jours

La voiture est rare et on en voit pas tous les jours. Le confrère Nicolas de Arthomobiles tient d’ailleurs un registre avec toutes les 250 GT qu’il a croisé, il est visible ici.

Concernant son prix aux enchères, la blueue de ces colonnes a été vendue l’été dernier pour 13.200.000 $, en même temps ce châssis est simplement mythique. La rouge a atteint 4.750.000 £ à l’automne.

On vous prendra des photos sur le Tour Auto, Collin Kolles, ancien patron d’écuries de F1 et désormais constructeur de prototypes d’endurance, en engage une.

Photos : RM Auctions, Revs Institute, News d’Anciennes.

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