Modèles à la une : la BMW 507, finesse absolue

Certaines autos sont si confidentielles que l’on peut rarement en voir plus d’une par an. La BMW 507 est de celles-ci et si elle résulte d’une erreur qui aurait pu coûter bien cher, c’est désormais un mythe roulant.

Genèse de la BMW 507

En 1954, BMW n’est pas le constructeur si reconnu qu’il est maintenant. La gamme est très réduite mais déjà la Bayerische Motoren Werke, fabrique bavaroise de moteurs, est portée sur le haut de gamme… bien que l’Isetta est déjà dans les tuyaux.

L’importateur de BMW aux Etats-Unis a une envie : un roadster pour se placer entre la chère Mercedes-Benz 300 SL et les petites anglaises MG et Triumph. Il convainc donc le board de BMW de se lancer sur ce marché.

La BMW 507 va être dérivée de la BMW 501. En fait pour être précis, on la dérive de la BMW 503 qui apparaît en même temps. Son châssis en est repris et encore raccourci, l’empattement passant de 2.835 m à 2.48 m. La voiture mesure 4.835 m et on l’habille d’une superbe carrosserie en aluminium, dessinée par Albrecht Von Goertz, qui signe également la 503.
Les trains roulants sont assez classiques, l’avant repose sur une double triangulation, couplé à des barres de torsions, l’arrière est un train rigide avec barres de torsion et barre Panhard.

Pour le moteur, BMW innove et crée un V8 en aluminium, le premier de la marque à l’hélice. Il cube 3168 cm³, est gavé par deux carburateurs Zenith pour une puissance de 150 ch din. C’est une vraie pièce orfèvrerie, un moteur très avancé pour cette époque.

Avec un poids total de 1130 kg, la voiture revendique 217 km/h de pointe et avale le 0 à 100 en 11.1 secondes.

Grands débuts en 1955 pour la BMW 507

La voiture est d’abord présentée au salon de Francfort, aux côtés de la 503, puis à New York à l’été 1955. Malgré cela, la production n’est lancée qu’en Novembre 1956.
Max Hoffmann voulait une voiture à 5000 $ et en écouler 5000 exemplaires par an. Mais finalement, les coûts de productions entraînent d’importants surcoût et c’est à 9000 $ qu’elle est mise en vente, et très vite à 10.500 $.

La voiture évolue dès 1958 avec l’apparition d’une série 2. Elle reçoit des freins à disque Girling à l’avant, une puissance accrue et un peu plus de place derrière les sièges.

Malgré les achats faits par de vrais stars, Elvis Presley, John Surtees, la voiture ne se vend pas. Pire, elle coûte si cher à BMW que la marque s’enfonce dans une très mauvaise passe. La marque perd de l’argent sur chacune des voitures produites, en peu d’exemplaire pourtant, et en 1959 la marque perd 15 millions de Deutsche Mark.

La marque à l’hélice décide d’arrêter les frais et la BMW 507 est stoppé en 1959 après seulement 252 exemplaires produits ! Le succès n’a jamais été là et la concurrente 300 SL n’est jamais rattrapée.

BMW 507 : héritage mythique

Avec une production aussi faible, la voiture est un collector et on en voit régulièrement lors de ventes aux enchères. Les plus beaux modèles coûtent bien plus d’un million d’euros. La semaine dernière, la maison RM Auctions Sotheby’s a vendu aux Invalides (résultats complets ici) un exemplaire à 2.016.000 € ! C’est la blanche qui illustre en grande partie cet article.
A Amelia Island en 2014, un exemplaire a même atteint les 2.4 millions de dollars.

Elle a trouvé un bel héritage en 2000 quand BMW s’en est inspiré pour sa Z8. La James Bond car de Le Monde ne suffit pas est plus qu’une évocation de sa glorieuse ancêtre, et le succès fut au rendez-vous puisque la production atteignit 5700 exemplaires après avoir été initialement prévue pour 5000 exemplaires.

Si vous en croisez une, arrêtez vous, ce ne sera pas tous les jours que vous pourrez poser vos yeux sur cette ligne superbe.

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