Quelques questions à Jacques d’Andrea, président de Vincennes en Anciennes

Il y a deux semaines, on a pu assister à la Traversée de Paris, reportage ici, un bel événement organisé par Vincennes en Anciennes, qui a réuni quelques 1000 autos dans les rues de la capitale.  Seulement dès le soir, des messages étranges sont apparus sur les réseaux sociaux.

On le sait, Paris et plus tard d’autres grandes villes de France vont subir des restrictions de circulation pour les voitures anciennes, même si ce terme doit être vu très large, les autos de plus de 17 ans sont concernées. On fait un point ici.

Et après la Traversée de Paris, certains se demandaient pourquoi les collectionneurs n’avaient pas boycotté l’événement. Sauf qu’ils avaient oublié que cet événement est organisé par Vincennes en Anciennes et pas par la Mairie de Paris. Du coup, pour bien reposer les base, on a posé quelques questions à Jacques d’Andrea, président de l’association.

Bonjour Jacques d’Andrea, pour commencer, pouvez vous présenter la traversée de Paris et Vincennes en Anciennes ?

Vincennes en Anciennes Jacques d'AndreaVincennes en Anciennes est né il y a trente ans, un rassemblement de copains, passionnés d’anciennes du côté de Vincennes. Les rassemblements se sont faits sur l’esplanade du Château de Vincennes, qui était libre à l’époque et bien plus facile d’accès. Maintenant on est obligé de passer par des autorisations, mais les interlocuteurs que l’on a sont quand même sensible aux véhicules anciens.

30 ans de présence ça permet d’avoir des contacts privilégiés avec la ville, et ça montre que nous sommes une organisation sérieuse et responsable. Cette fidélité montre aussi que les gens sont heureux de venir nous retrouver dans le cadre très agréable de l’esplanade. On organise tous les mois un rassemblement mensuel (NDLR : que l’on avait présenté via ce reportage) où on peut avoir jusque 300 voitures dans une bonne ambiance.

Concernant la Traversée de Paris, au début c’était un groupe d’amis et de copains qui ont décidé de faire une Traversée de Paris, un dimanche en Hiver, quand la ville n’est pas encombrée. Au fil du temps des parisiens et des franciliens ont souhaité nous rejoindre, mais aussi des gens de province. Plus de gens, ça veut dire plus d’organisation, avec plus d’encadrement et plus de personnes.
Cette année on était partis sur 600 équipages, on s’est retrouvé à 700 assez vite, avec une centaine de motos et des tracteurs. Cela contribue à donner une bonne image de la Traversée de Paris.

Quelles sont les liens entre le club et la mairie de Paris ?

Vincennes en Anciennes n’a pas de lien particulier avec la mairie de Paris. On les informe de notre événement, on a des échanges courtois, mais la ville ne souhaite pas intervenir directement. Ils n’ont jamais voulu prendre part directement à la Traversée de Paris.

On communique sur le patrimoine et la convivialité, et on pense que la mairie apprécie d’avoir une animation comme celle là. Il y a des gens qui viennent de province, juste pour voir la Traversée de Paris. Et on ne parle pas de la Traversée de Paris Estivale (NDLR : reportage ici) qui a encore une autre ambiance, plus champêtre. Il y a un vrai mouvement touristique autour.

Comment est-ce que Vincennes en Ancienne construit le parcours ? Certains ont été étonné de ne passer ni sur les Champs ni à Montmartre lors de cette traversée de Paris hivernale 2016.

Concernant les Champs Elysées, c’est en fait très rare d’avoir l’autorisation de les emprunter, et si certains le font, c’est qu’ils ne suivent pas vraiment le parcours.

Pour Montmartre, pas de raisons particulière au changement, si ce n’est que Vincennes en Anciennes voulait montrer autre chose de Paris. Chaque année on essaye de mettre un quartier à l’honneur et cette année on a décidé de mettre en avant St Germain des Prés, avec par exemple sa présence sur l’affiche, que ce soit l’église ou les Deux Magots.
Ensuite, avec les cérémonies prévues dans le secteur de République, ça aurait posé des problèmes à notre éventuel parcours.

Concernant les restrictions, Vincennes en Anciennes sera un des premiers clubs touchés, quelles actions avez vous mis en place pour garantir à vos membres de pouvoir conduire leurs anciennes dans la capitale ?

Concernant le problème des restrictions, on a une fédération qui est censée nous représenter auprès des pouvoirs publics, la FFVE, c’est ce que nous disons à nos adhérents. Ils ont effectivement des échanges importants, notamment au niveau des ministères.
Je pense que l’on aura droit à des dérogations pour tous les véhicules dits de collection, c’est à dire de plus de 30 ans. Ce qui est encore en discussion c’est le fait que ce véhicule soit obligé ou non d’avoir une Carte Grise Collection. Je pense que cela ne devrait ne pas nous poser trop de problèmes.

C’est certain que les collectionneurs qui roulent au quotidien en ancienne seront plus pénalisés, là ce sera plus difficile, mais encore une fois, il faut laisser faire les choses. Je pense sincèrement que les gens de la ville de Paris ou des ministères sont quand même sensibles au patrimoine que représente les véhicules de collection. Souvent les véhicules sont très bien entretenus et roulent moins de 1000 km par an, donc c’est insignifiant, et en plus très peu de ces kilomètres sont faits en ville.
L’impact écologique est ridicule, par contre l’impact économique est énorme, que ce soit les pros comme les garagistes ou des artistes comme les carrossiers ou les selliers. En plus la FFVE et l’éducation nationale essayent de sauver ces savoir-faire et ces emplois puisque les collectionneurs contribuent à l’économie, même avec peu de moyens.

Pour information et pour finir, j’aimerais juste rappeler que Vincennes en Anciennes est un club « leader » en Ile de France, que notre prochain rassemblement se fera le 2e dimanche du mois de Février, et que nous organisons une parade pour Retromobile.
Des équipages féminins clôtureront le salon, c’est en effet à la fois le thème de l’année pour nous, comme pour le salon. C’est important de montrer cette ouverture du monde de la collection.

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