Paroles de passionnés : Alexandre, créateur du SCCT

On vous parle assez souvent du SCCT et de ses roulages circuit. Julien avait pu goûter et apprécier l’un d’eux l’an dernier à Montlhéry et on a eu envie de savoir qui est derrière le Seventies Classic Club Trophy.

On est donc aller poser des questions à Alexandre, l’un des membres fondateurs de ce club très particulier.

Bonjour Alexandre, on a dit que tu étais un des fondateurs du SCCT, mais qu’est ce que c’est que le SCCT ?

00112C’est une association dans les faits, mais ce n’est pas un vrai club, le SCCT n’a pas de membres, et le but de tout ça est d’organiser des journées de roulage sur circuit pour les voitures anciennes.
On en fait 2 à trois par ans, sur les circuits de Montlhéry, de Pouilly en Auxois et de Magny-Cours, le circuit club, pas le circuit F1. En plus de cela, depuis l’an dernier on organise des stages de pilotage sur circuit, ce qu’on appelle les Training Days, où les gens peuvent venir en ancienne.
Au niveau des autos, on organise cela pour des autos d’avant 1980, on a pas de règlement technique restrictif, attention, c’est le modèle qui doit être d’avant 1980, on acceptera volontiers un Golf GTI de 1983. Le but c’est d’avoir une homogénéité et un état d’esprit particulier.
On vient à ces roulages pour se faire plaisir, on a juste besoin d’avoir un casque et d’avoir une assurance.

Pourquoi as-tu lancé le SCCT ?

Tout simplement parce que ça n’existait pas. Dans les clubs et parmi les passionnés d’anciennes, certains voulaient rouler sur circuit. Certains allaient déjà à des journées GTI, à des journées circuit ouvertes à tous, on a pas inventé ça, mais justement ils cohabitaient avec des modernes surpuissantes, Porsche, Ferrari, Lambo, et ça leur convenait pas.
Du coup j’ai eu l’idée de réunir tous ces gens, parce qu’au sein d’un seul club ils n’étaient pas forcément assez pour louer un circuit.
L’idée première était une fédération de clubs, où les clubs trouvaient leur compte en faisant participer leurs adhérents mais ils n’ont pas tous joué le jeu et aujourd’hui on a des membres de clubs dans les participants du SCCT, mais aussi beaucoup d’électrons libres, et on a réussi à les faire venir.
Internet a bien aidé d’ailleurs.

Quelles sont les grands rendez-vous du SCCT sur une année ?

On commence en Mars avec une journée anniversaire à Pouilly en Auxois, avec un Traning Day le vendredi et une journée de roulage le samedi, ensuite on va à Montlhéry à la mi-avril, un dimanche et on termine l’année type mi-octobre par le roulage à Magny-Cours.

On va maintenant parler de toi, comment tu en es venu à la voiture ancienne ?

Je suis venu à la voiture tout court, c’est mon oncle, la famille comme souvent, qui avait une voiture d’occasion en 1974, une BMW 2002 orange et ça m’a marqué. Mon père a eu d’autres BMW, et en grandissant j’ai toujours été passionné de voitures, modernes, à l’époque. Ma première ancienne, c’était une occase en fait, elle était déjà pourrie, c’était la Mini de ma mère que j’ai eu à mes 18 ans.
Mon « ère moderne » de l’ancienne a commencé en 2000 quand j’ai revendu ma boîte et je me suis acheté une BMW 2000 CS, le cœur de ma passion, même si je suivais déjà un peu tout en lisant les magazines spécialisés, Retroviseur, Gazoline, etc. Celle là je l’ai vue dans un magazine, je ne l’avais pas connu à l’époque et elle m’a tapé dans l’œil, je l’ai achetée et retapée. J’ai enchaîné presque aussitôt avec une 2002 Touring. Je les voulais toutes.
Du coup je me suis impliqué dans le club Horizon 2002 en faisant leur com’, leur site internet, c’était mon métier, et je me suis retrouvé au fur et à mesure président du club.

A ce moment là je revend la 2000 CS, et j’achète une BMW 2002 Tii Coach, une voiture que je regrette vraiment, parce que maintenant ça vaut une fortune, parce que même si elle était en mauvais état, elle avait tout pour faire une voiture de course, avec sa boîte 5 sport, je pensais déjà au circuit. J’ai entamé une restauration sur la Touring, et elle s’est avérée trop abîmée, elle est partie à la casse, à cette époque là c’était courant. Du coup je me suis acheté une 2000 Ti en berline.
J’ai presque tout eu dans la gamme des NK, sauf un cabriolet, et je n’ai qu’hébergé une 2002 Turbo, entre deux rallyes, sans en avoir une. J’ai fini par revendre ma Tii, et j’ai commencé à quitter les BMW, et là je suis tombé amoureux d’une autre voiture, la Rochdale Olympic.

Tu peux nous en dire plus sur cette auto ?

Je cherchais une Frogeye ou une Seven. Sur ebay UK je tombe sur le descriptif d’une auto, une « Seven » mais qui ne ressemblait pas du tout à une Seven. J’ai eu un coup de foudre à distance, je l’ai acheté sans la voir, elle n’était pas partie aux enchères, et j’ai rien dit à ma femme avant qu’on parte la chercher avec un copain au fin fond de la Cornouailles. On a fait ça dans le Week-End, on « pouvait la ramener par la route » d’après le vendeur, mais c’était une ruine.


J’ai du tout refaire. C’était pas un modèle unique, mais par exemple en France il y en a rarement eu deux en même temps ! C’était une auto géniale pour le circuit et dans le SCCT on était connus moi et mon auto. Je m’en servais peu parce que je n’ai pas forcément beaucoup le temps de rouler avec mes autos sur les roulages. En plus je la promenais sur plateau et j’ai fini par la revendre. Et je me suis rendu compte que les autos, une fois que j’ai tout refait, que je la connais par cœur, je perd la flame…

Tu as aussi une Mini, pourquoi ?

J’en voulais une, et finalement j’ai motivé ma femme pour qu’elle en achète une, pour qu’elle franchisse le pas, pour qu’elle investisse, voilà aujourd’hui c’est couillon, je l’ai sorti ce mot, mais qu’elle investisse dans quelque chose qui perd pas de valeur… On voit ça aujourd’hui comme un investissement, pour certains c’est même plus un plaisir.

On a pas parlé de la BMW actuelle.

Quand on a quitté la campagne pour revenir en ville j’ai du vendre pas mal de trucs (que je regrette maintenant mais c’est comme ça) et je n’ai gardé que la Rochdale… Au bout d’un an ou deux la BM m’a manqué, et en fait c’était l’auto idéale. Mon fils grandissant les voyages en famille devenaient possible et je n’avais pas compris ça avant de revendre et 2002tii et 2000ti. En même temps elles étaient à refaire et je n’avais plus le temps ni la place pour en ville, donc il me fallait une auto en état pour un usage immédiat.

Je me suis donc mis à la recherche d’une 02, cette fois-ci d’avant 71, version que je n’avais pas eu. Le fait est que j’en connaissais une par le SCCT et Horizon 2002 dont le propriétaire était un proche et il n’avait plus le temps de s’en occuper. La voiture était en bon état mais déculassée depuis quelque temps, donc immobilisée. Je suis allé voir l’auto à Nancy, c’était une simple 1600 de 70 mais en bon état avec des travaux fait dans mes gouts. Le moteur étant déculassé je lui fait une offre mais l’auto roulante pour la ramener par la route, on convient d’une date et voilà, l’affaire était faite.

Mais voilà ça se passe pas comme prévu, le proprio ne pouvant pas faire les travaux lui même il commandite un garagiste peu scrupuleux, le temps passe et l’auto n’avance pas. Bref à force de pression la culasse finie par être flanquée sur le moteur et une BM étant peu exigeante elle démarre ! Le garagiste prends plusieurs mois encore pour monter un scénario peu crédible et ne pas la régler… bref je finis par commanditer mon transporteur et ami de toujours (Léon) pour la convoyer jusqu’à moi et qu’en en finisse. A son arrivée et au premier démarrage j’ai tout de suite compris que l’acm était mal calé, à l’oreille. En fait j’ai mis plus d’un an à refaire le boulot et comprendre que les carbus n’avaient pas le bon réglage et que donc le garagiste n’avait pas trouvé mieux que de décaler l’acm pour la faire tourner… Sinon cette auto m’a apporté beaucoup de joies et d’amis !
D’abord Rudy, qui lui a rendu son éclat et son lustre à force d’un travail acharné sur une peinture terne et de mauvaise qualité, puis j’ai rencontré Bertrand (dont la BMW est en vidéo ici) un autre passionné de BM et un ami cher, puis un vrai pro du carbu ici à Troyes (Antonio). Mais aussi de nombreuses opérations comme trouver et refaire des jantes Alpina qui sont les plus anciennes recensées (1967 et des autocollants refaits à l’identique, j’en suis fier) et donc une accessoirisation façon Alpina A0, le premier kit pour 02, celui de base qui portait la puissance de 80 à 100cv.

Elle a donc un kit double carbus, des amortisseurs Bilstein avec ressorts courts, des barre stabs absentes d’origine sur une 1600, un pont autobloquant avec un rapport de 1600ti. En fait à l’époque ce kit permettait au propriétaire de 1600 de se faire une 1600ti, avant l’arrivée du 2 litres qui a encore fait gravir une marche.
Je m’en sert pour les vacances d’été en famille (pas de clim alors vitres teintées), et aujourd’hui c’est même mon « déplaçoire » quotidien, fiable sauf quand il fait -10°, mais heureusement j’ai toujours un ami pour venir me dépanner (hier soir en ville, merci Bertrand) et j’ai enfin monté la batterie neuve.

Question rituelle, les trois voitures de tes rêves ?

Aujourd’hui si j’en rachetais une, une Lotus Seven, qui ne flambe pas au niveau prix, une Mini pour moi peut-être, pour son côté moderne et polyvalent. Mais il faudrait aussi une BMW. Avec le SCCT je vois de tout, des passionnés d’Alfas, d’américaines, on est pas sectaires, il y a beaucoup d’échanges. Et au final, la BMW 2002 c’est la voiture idéale. Entretien facile, pièces trouvables, sportive, bons trains roulants, assez puissante. Pour moi c’est mieux qu’une 911.

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2 réflexions au sujet de « Paroles de passionnés : Alexandre, créateur du SCCT »

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