Modèles à la une : Jaguar Type C

Après avoir parlé des sagas Alpine, Matra et Ligier aux 24h du Mans, on commence une nouvelle série avec une marque anglaise qui, même si on ne l’y voit plus depuis longtemps, garde les 24h du Mans dans son ADN depuis des années : Jaguar.

En 1948, Jaguar a présenté sa Jaguar XK 120 au public. D’une simple voiture de démonstration, elle est devenue une sportive réputée.
Jaguar va céder à la tentation de la compétition après les superbes résultats obtenus par la voiture lors des diverses courses auxquelles elle a été engagée. La voiture est engagée aux 24h du Mans 1950 mais les deux voitures abandonnent sans avoir été très performantes.

William Lyons va donc prendre une décision radicale : construire une voiture uniquement pour la compétition.

La naissance de la Jaguar XK 120C

C’est en effet sous le nom XK 120C que la voiture apparaît, une version qui est sensée dériver de la voiture de série.
En réalité, la voiture ne va en conserver que le moteur, le célèbre XK, en version 3442 cm³. La cylindrée n’a pas évolué mais les soupapes d’échappement sont agrandies, tout comme les ressorts. L’arbre à came a été retaillé pour l’usage en compétition.
Deux carburateurs SU H8 viennent compléter le tableau et le tout permet au bloc de sortir 200 à 205 ch, soit plus de 40ch de plus que le moteur de série. La puissance est transmise aux roues arrières via une boîte à quatre vitesses.

La carrosserie est dessinée pour être aérodynamique et elle est fabriquée en aluminium pour gagner un maximum de poids. On pourrait croire que le châssis est celui de la XK 120, mais la Jaguar Type D utilise un treillis tubulaire. Les suspensions arrière sont assurées par un ensemble à barre de torsion et amortisseurs. A l’avant, les roues sont indépendantes et on retrouve un couple barre de torsion et antiroulis. Le freinage est à tambour et la direction à boitier.

La voitures est compacte : 3.98m de long, 1.63m de large. Le poids total est de 950 kg et la voiture couvre le 0 à 100 km/h en 6.7 secondes et atteint 243 km/h en vitesse de pointe.

24h du Mans 1951, apparition de la Jaguar Type C

Les voitures ne sont en réalité pas révélées avant la course. Trois voitures sont construites avant la course, dans le plus grand secret et en six mois seulement. Elles arrivent au Mans par la route, c’est leur ultime test. La confiance n’est pas totale puisque trois XK120 sont également présentes.

Les voitures se comportent plutôt bien et la performance est bien là. La n°20 est engagée pour Peter Walker et Peter Whitehead, la n°22 pour Stirling Moss et Jack Fairman, la n°23 pour Clemente Biondetti et Leslie Jonhson.
Les trois voitures sont en tête, mais deux d’entre elles vont renoncer suite à un problème d’alimentation en huile : le tuyau ne résistait pas aux vibrations du moteur lorsqu’il dépassait 5200 tr/min. Malgré que William Lyons désire pousser les voitures au maximum, Lofty England, le chef de l’écurie fait ménager la voiture de Peter Walker et Peter Whitehead qui vont finalement l’emporter avec 11 tours d’avance.
La voiture gagne donc dès sa première sortie, Moss signe également le meilleur tour en course.

En 1951 la voiture va continuer sur le chemin de la victoire. Trois voitures sont également engagées au Tourist Trophy, sur le circuit de Dundrod, une pour Johnson et Rolt qui finissent 4e avec le meilleur tour, une pour Moss qui gagne et une pour Wlaker qui finit 2e.

1952 : la Jaguar Type C innove

Pour 1952, Jaguar va introduire une innovation sur la Type C : des freins à disques. C’est sur le châssis n°3, vainqueur du Mans que sont testés ces freins à Goodwood, par Stirling Moss et ils se comportent très bien.
La voiture fait donc ses débuts aux Mille Miglia, mais ce sont les Mercedes 300 SL qui remportent la course, la Jaguar abandonne.

Aux 24h du Mans 1952, la voiture est modifiée pour faire face aux Mercedes, à la demande expresse de Stirling Moss. La voiture est affinée au niveau aérodynamique et trois voitures sont engagées, une pour Rolt et Hamilton, une pour Moss et Walker et une dernière pour Whitehead et Stewart.
Les modifications vont être fatales aux Jaguar Type C, les systèmes de refroidissement lâchant les uns après les autres. Les Mercedes l’emportent, et l’amertume surgit chez Jaguar devant leurs temps, pas si rapides, et les voitures non modifiées l’auraient peut-être emportées.

L’année ne sera pas pour autant mauvaise, Moss l’emporte à Reims, et Silverstone, Walker mène 8h sur les 9 à Goodwood, Les Jaguar Type C privées commencent à être engagées sur diverses courses, aux USA à Lake Ekhart, mai ssurtout, l’Ecurie Ecosse truste les victoires : Jersey Road, Charterhall, Crimond, Wakefield Trophy,Castle Coombe.

1953 : apparition de la Jaguar Type C Lightweight

Un championnat du monde des voitures de sport se créé en 1953, Jaguar en est. La première épreuve, ce sont les 12h de Sebring, où les privés sont chargés de faire briller les bolides anglais.
Johnston et Wilder s’y classent 3e devant une autre Type C confiée à Gegen et Grey. Une autre voiture finit 26e.

Les Mille Miglia sont un désastre, la première voiture est 35e, toujours en l’absence de l’usine.
A la Targa Florio, la meilleure voiture est 17e.

Au Mans, ce sont trois nouveaux châssis qui apparaissent pour l’usine. Les tubes sont plus petits, pour gagner du poids, la carrosserie de 1952 est réutilisée, avec des tôles d’aluminium encore plus fines. Le moteur est préparé pour développer 220 chevaux et les freins à disques sont généralisés aux trois voitures.
Les voitures sont confiées à Moss et Walker sur la 17, Rolt et Hamilton sur la 18, Whitehead et Stewart sur la 19. Une quatrième voiture est engagée par l’Écurie Francorchamps pour Laurent et de Tornaco.

Les Jaguar Type C Lightweight sont intouchables, elles freinent bien avant les autres dans les hunaudières et personne ne tient la cadence. Les temps au tour sont en dessous du meilleur tour de 1952 !
Au final, Rolt et Hamilton l’emportent devant Moss et Walker, une Cunningham fini troisième devant la troisième voiture de Whitehead et Stewart. La voiture de l’Écurie Francorchamps termine 9e.

En dehors du Mans, Moss et Whitehead l’emportent aux 12h de Reims.
Aux 24h de Spa, les voitures sont confiées aux privés, l’Écurie Ecosse classe sa voiture à la 2e place (Scott Douglas / Gale) devant la voiture de Herman Roosdorp associé à Ulmen.
Au Nürburgring la voiture de l’Ecurie Ecosse emmenée par Stewart et Salvadori termine 2e, la deuxième voiture conduite par Stewart et Lawrence est 6e.

Au Tourist Trophy, Moss et Walker se classent troisième, Kelly et Fairman septième.
Aucune voiture ne termine la Carrera Panamerica.

Les privés engagent eux aussi des voitures, Whitehead achète une voiture et remporte le meeting de Goodwoo et 6e à Silverstone, les autres brillent dans des courses de moindre importance.

1954 : La Jaguar Type C côtoie la nouvelle Type D

Si l’usine mise désormais sur la descendante de la Type C, les privés eux continuent avec la Jaguar Type C. On notera par exemple qu’un exemplaire est acheté par Caroll Shelby himself qui l’emmènera à la victoire par deux fois dans des courses texanes.

La saison de championnat du monde commence aux 1000 km de Buenos Aires, Scott Douglas et Sanderson sont 4e pour l’Écurie Ecosse.
A Sebring aucune voiture ne voit l’arrivée.
Aux Mille Miglia il n’y a pas de voiture engagée.

L’Écurie Francorchamps engage une voiture au Mans, et elle est transportée par la route. Un accident durant le transfert laisse planer le doute sur la participation à la course. Néanmoins elle est remise en état en dépouillant une autre voiture.
La voiture est confiée à Laurent et Swaters. Si les Type D font le doublé, la Jaguar Type C belge signe une belle quatrième place !

La même voiture termine troisième aux 12h de Reims derrière les deux Type D.
Au Tourist Trophy, la voiture de l’Écurie Francorchamps se classe 7e, juste derrière la première Type D. Une autre voiture est 13e.
A la Carrera, aucune voiture ne voit l’arrivée.

On verra moins les voitures par la suite, même si les privés continuèrent à les engager.

53 voitures furent produites, certaines furent détruites. Le peu de voiture restantes côtoient des dizaines de répliques et on les voit atteindre des sommets lors des ventes aux enchères, la plupart dépassent les deux millions de dollars.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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