La Ferrari 250 LM, dernière Ferrari à gagner Le Mans

Alors que les 24H du Mans 2015 viennent de se terminer, on va se pencher sur une Ferrari un peu particulière : la Ferrari 250 LM est la dernière Ferrari à avoir gagné la classique mancelle.

On vous parle, vous l’aurez deviné d’un événement des années 1960. En effet, c’est exactement il y a 50 ans que cette Ferrari est devenue la dernière voiture frappée du Cavalino Rampante à remporter les 24 heures du Mans.

Descendante de la Ferrari 250 GTO

Ferrari 250 LM LGHA 24

La Ferrari 250 LM apparaît en 1963. Elle fait partie de la famille prestigieuse des Ferrari 250, les reines actuelles de toutes les ventes aux enchères.

Ferrari est alors le meilleur constructeur aux 24h du Mans. La marque italienne a en effet remporté les 24h du Mans 1958 (250 TR58), 1960 (250 TR59/60), 1961 (250 TRI61), 1962 (330 TRI/LM Spyder), 1963 (250 P), et 1964 (275 P).

L’édition 1965 s’annonce palpitante, notamment grâce à la volonté de Ford d’engager une nouvelle voiture, pour la gagne, la Ford GT 40. La voiture courant en GT, pour la MkI, Ferrari va vouloir homologuer sa voiture dans la même catégorie, prétextant que la 250 LM est une évolution de la 250 GT. Si la chose avait été acceptée pour l’homologation de la 250 GTO, c’est refusé pour la 250 LM.

La voiture est en effet une Ferrari 250 P qui s’équipe d’un toît. Du côté de la fiche technique, on trouve une voiture avec un moteur V12 de 3L, puis 3.3L en position centrale arrière qui développe environ 320 ch. Il est accouplé à une boîte 5 vitesses. Les suspensions font appel à une double triangulation, la direction à une crémaillère et le freinage est assuré par quatre freins à disque. La voiture mesure à peine plus d’un mètre et sa compacité lui assure un poids de 820 kg en 3L et 850 kg en 3.3L.
A propos de ces cylindrées, la voiture apparaît en 3L, sous le nom 250 LM. En effet chez Ferrari, le chiffre désigne la cylindrée unitaire. Sauf que la voiture ne courera pas en GT, faute d’homologation, du coup elle n’a pas besoin de se limiter à 3L et devient une 3.3L, techniquement une 275 LM. Le nom est cependant gardé en 250 LM pour des soucis commerciaux.

En effet la voiture est proposée à la vente. 32 modèles seront construits et seront notamment vendus en compétition client.

De bons résultats en course en 1964

L’année 1964 est la première où on retrouvera des 250 LM engagées en compétition.
En Championnat du Monde, elle n’apparaît que tardivement. A Daytona, elle ne court pas, les 250 GTO dominent, idem à Sebring où ce sont les 275P qui dominent. En fait la voiture va rater la Targa Florio, les 500 km de Spa, et Consuma.
Il faut attendre le 31 Mai 1964 pour trouver deux 250 LM au départ des 24h du Nürburgring. Aucune ne termine la course, remportée par une 275P devant une 250 GTO. La Ferrari 250 LM n°137 de Maglioli et Jochen Rindt, sera cependant classée bien qu’ayant abandonné sur accident au 34e tour. Elle est même 3e des prototypes de plus de 3L. La seconde voiture, des belges « Beurlys » et Dumais abandonnera après 9 tours sur bris de suspension avant.

Ferrari 250 LM 6Aux 24h du Mans, le 22 Juin, deux voitures sont engagées. La n°23 par l’Equipe Nationale Belge avec Beurlys et Dumais et la 58 engagée par North American Racing Team pour David Piper et Jochen Rindt. Toutes deux concourrent en catégorie Prototype de moins de 5L.
Si Ferrari s’offre un triplé, c’est grâce aux 275 P et 330 P. La n°58 ne bouclera pas le moindre tour et la voiture belge se classera 16e à 51 tours !

Pour plus de détail sur ces 24h, on a une BD à vous conseiller, sur notre article visible ici.

La 250LM sera ensuite engagée aux 12h de Reims le 5 Juillet 1964. Si la voiture de Maglioli/Rindt ne participe finalement pas, les deux autres voitures engagées pour Graham Hill et Jo Bonnier par Maranello Concessionnaires et pour John Surtees et Lorenzo Bandini réalisent le doublé !
Aucune voiture n’est engagée à Enna, mais au Tourist Trophy le 29 Août la voiture confiée de David Piper se classe 2e derrière une 330 P.
A Sierre-Crans-Montagna, en Suisse, le 30 Août, Ludovico Scarfiotti impose sa 205 LM de la Scuderia Filipinetti, c’est cette voiture que vous voyez sur les photos illustrant l’article. Gotfrid Köchert pour ÖASC classe la sienne à la 17e place.

Aucune Ferrari 250 LM ne va être engagée au Tour de France automobile, Ferrari misant, avec raison, sur les 250 GTO qui s’offrent le doublé.
On retrouve une voiture le 20 Septembre à Bridgehampton aux Etats-Unis pour les 500 km. La première voiture confiée par la Scuderia Bear à Bob Grossman termine troisième, la seconde, du Mecom Racing Team pilotée par Augie Pabst, abandonne.
Pour la dernière course de la saison, les 1000 km de Paris à Montlhéry le 11 Octobre, la première 250 LM, celle de Stewart / Scarfiotti engagée par les anglais de Maranello Concessionnaires finit 10e, celle de l’écurie Francorchamps emmenée par Soisbault / Ligier se classe 18e, les deux dernières, confiées à Müller / Boller et aux belges ne terminent pas.

La victoire de la Ferrari 250 LM en 1965

La saison commence à Daytona, où aucune 250 LM n’est engagée. Trois des Ferrari engagées abandonnent, la 4e est dominée par les Cobra Daytona et les Ford GT40, enfin arrivées à Maturité.
Deux voitures font le déplacement à Sebring pour les 12h, David Piper engage la première avec Maggs, la seconde est celle du Mecom Racing Team, pilotée par Hansgen et Donohue. Celle de Piper va terminer troisième de la course, derrière une Chaparral et une GT40, mais première des moins de 4L. Celle du Mecom se classant 11e de la course et 2e des moins de 4L.

On retrouve ensuite cinq voitures au départ des 1000 km de Monza le 25 Avril. Les 275 P2 et 330 P2 vont réaliser le doublé. La première Ferrari 250 LM est 6e aux mains de Ireland / Salmon pour Maranello Concessionaires, la seconde est 10e avec Sigala / Taramazzo pour Scuderia St. Ambroeus. Les deux voitures de l’écurie Francorchamps et celle de Georges Marquet abandonnent.
Au Tourist Trophy le 1er Mai, David Piper emmène une nouvelle fois sa voiture à la troisième place.
Le 9 Mai à la Targa Florio, quatre voiture sont engagées, celle de Taramazzo / Sigala pour la Scuderia St. Ambroeus se classe à la 8e place, celle de Nicodemi copiloté par Lessona se classe 14e, les voitures du Jolly Club et de Cesare Toppetti ne terminent pas.

A Spa le 16 Mai, c’est un doublé des Ferrari 250 LM. Vainqueur, le local Willy Mairesse engagé par l’écurie Francorchamps devant David Piper. Jean Claude Franck sur la voiture de Marquet est 8e et la seconde voiture de l’écurie Francorchamps abandonne.
Au Nürburgring le 23 Mai, Piper et Maggs se classent 16e, Ettmüller et Harper pour la Scuderia Filipinetti sont 22e, les deux voitures de l’écurie Francorchamps et celle de Marquet abandonnent.
Au Mugello c’est le carton plein, triplé des Ferrari 250 LM, les deux voitures de l’équipe Montegrappa emmenées par Casoni / Nicodemi et Grana / Toppetti terminent devant celle de la Scuderia St. Ambroeus pilotée par Sigala / Taramazzo.

Aux 24h du Mans, c’est la bataille Ferrari contre Ford qui va animer la course. C’est en fait un duel par élimination, peu de voitures terminent la course. La pôle est pour Ford, mais les voitures à l’ovale vont se révéler peu fiable mais plus performantes. Ferrari va signer le triplé. C’est la Ferrari 250 LM de Rindt / Gregory et probablement de Hugus (qui n’est pas officiellement vainqueur, voir l’histoire ici) qui l’emporte le N.A.R.T devant la voiture de Dumay et Gosselin engagée par Dumay. Une 275 GTB monte sur le podium et gagne en GT.
La voiture de la Scuderia Filipinetti pilotée par Spoerry et Boller se classe 6e, celle de Langlois van Ophem / « Eldé » pour l’écurie Francorchamps et celle de Bianchi / Salmon pour Maranello Concessionaires abandonnent.

Ferrari 250 LM LGHA 14A Reims le 4 Juillet, les Ferrari 250 LM vont être dominées par les Ferrari 365 P2, Mairesse et « Beurlys » pour l’écurie Francorchamps sont 3e, Piper et Attwood sont 4e, les deux autres voitures de l’écurie Francorchamps abandonnent.
A Bolzan o-Mendola le 4 Juillet aussi, la Scuderia St. Ambroeus engage Edoardo Lualdi qui termine 3e.
Sur l’autodrome de Pergusa le 15 Août, Mario Casoni et David Piper placent leurs deux voitures aux deux premières places.
A Onon-Villars en Suisse, Heini Walter classe sa voiture à la 7e place.

Aux 500 km de Birdgehampton, une voiture est engagée par la Scuderia Bear pour Richard Holquist qui termine 8e.

Pas de résultats significatifs en 1966, 1967, 1968, 1969 et 1970

La voiture ne va pas s’arrêter là, même si Ferrari ne produit plus les voitures, elles continuent à être engagées en course.

Ferrari 250 LM 3Au début de la saison à Daytona, pas moins de 8 voitures sont engagées par 7 équipes. Seules trois voient l’arrivée, celle de Rindt et Bondurant du N.A.R.T est 9e à l’arrivée d’une course dominée par les GT40 qui s’offrent le triplé. Celle de Konig / Clarke / Hurt engagée par Peter Clarke est 13e, celle de Piper et Attwood est 15e.
A Sebring, Arthur W. Swanson en engage une qui ne termine pas.
A Monza, pour les 1000 Km le 25 Avril, la 250 LM de de Siebenthal / Peixinho engagée par se dernier est la seule à se classer, 8e, les trois autres abandonnent.
A la Targa Florio le 8 Mai, la première voiture est celle de Ravetto / Starrabba engagée par la Scuderia Pegaso, à la 16e place. Elle devance la voiture de la Scuderia Sant Ambroeus, pilotée par Nicodemi / Lessona. A noter que cette dernière a été transformée avec un moteur 4L. Epstein Enterprises Ltd. engage une autre voiture qui terminera 30e aux mains de Hawkins / Epstein. Une autre voiture abandonne.

Ferrari 250 LM LGHA 11A Spa pour les 1000 km le 22 Mai, la première Ferrari 250 LM à l’arrivée est celle de Epstein Enterprises Ltd, toujours pilotée par Hawkins et Epstein, à la 7e place, juste devant la voiture de l’écurie Francorchamps, pilotée par Gosselin / de Keyn. Une autre voiture abandonne.
Au Nürburgring le 5 Juin, une seule des trois voitures en course voit l’arrivée, c’est celle de la Scuderia Filipinetti aux mains de Mairesse / Müller, elle est 9e.

Aux 24h du Mans 1966, trois ne sont pas engagées car refusées par les organisateurs, la voiture de l’équipe nationale Belge abandonne pilotée par Gosselin / de Keyn abandonnera sur bris de boîte de vitesse. Là aussi les Ford se montrent implacables en réalisant un triplé.

Une seule voiture est en course au Mugello le 17 Juillet et Nicodemi / Facetti se classent 18e.
A Pergusa, Donato abandonne.
La dernière course de la saison du Championnat du Monde des Voitures de Sport voit 3 voitures engagées à Zeltweg le 11 Septembre. La 250 LM engagée par George Drummond pour Mike Parkes est la seule à l’arrivé en 8e position, les voitures de Piper et de Bernard White abandonnent.

5845En 1967, des voitures vont être engagées à Daytona, Sebring, Monza, au Nürburgring, pas aux 24h du Mans, à Brands Hatch et enfin Zeltweg pour lemeilleur résultat de la saison, 6e place de Piper et Skailes.

En 1968 on verra d’autres Ferrari 250 LM à Daytona, 8e place pour Gunn / Ortega / Merello, Sebring, Brand Hatch (5e place de Piper et Rodriguez), Monza, la Targa Florio, au Nürburgring.
Au Mans, dernière épreuve de l’année car déplacée au mois de Septembre, David Piper et Atwood placeront leur voiture à la 7e place, les trois autres voitures ne terminant pas.

On continue à voir des Ferrari 250 LM en 1969, à Daytona et aux 24h du Mans où la voiture du N.A.R.T de Zeccoli / Posey / Rodriguez se classe 8e.

Incroyable, on trouve encore une Ferrari 250 LM à Daytona en 1970 où Young et Chinetti Jr pour le N.A.R.T se classent 7e.

Ce sera cependant la dernière course du Championnat du Monde où se montrera cette voiture qui aura couru pendant 7 saisons !

La Ferrari 250 LM devenue star des enchères

Comme toutes les 250, la Ferrari 250 LM est une star des ventes aux enchères. La voiture que vous avez vu en photo dans cet article a été vendue à Scottsdale en Janvier 2015 par RM Auctions au prix de 9.625.000 $ (résultats complets ici). En 2013, une autre voiture, avec un beau palmarès a atteint les 14.3 millions de dollars !

Pour vous faire une idée du son, voici une vidéo qui vous en donnera une idée :

Photos : Arthomobile (très bon site) et RM Auctions.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !