Modèle à la une : la Renault 4 ou la quatrelle

Il est rare de pouvoir dire à quelqu’un « je sais pas si tu connais cette voiture, la quatrelle ». En effet, la Renault 4 est toujours, 21 ans après la fin de sa production, une voiture emblématique de la production automobile française.

Naissance et conception de la Renault 4

Son histoire débute en 1956. Renault envie Citroën qui a sur faire avec la 2CV : motoriser les campagnes avec une voiture peu chère et pratique. L’idée de la 4L part de là, il faut faire une voiture de 4cv fiscaux, à plancher plat, une bonne habitabilité, ne pas être beaucoup plus chère que la 2CV en étant « moins laide ».

Guy Grosset-Grange propose une traction avec une plate-forme supportant tous les organes mécaniques. Niveau suspensions, c’est une solution à barre de torsions qui est retenue. A l’avant elles sont longitudinales et à l’arrière, des barres transversales. Du coup, chose saugrenue, pour permettre le passage des deux barres en parallèle, l’empattement est de 48 mm plus grand coté droit.

Coté motorisation, on utilise du connu, le moteur est un 4 cylindres 747cm³ développant 24 ch et 4,5mkg. Il est couplé à une boîte 3 vitesses, le tout emmène la voiture à 105km/h.

Les tests sont long, ils commencent en 1959 et vont disperser les prototypes dans le Sahara, en Guinée, dans le Minnesotta, ou sur les pistes. 2.900.000km seront parcourus.

Le 6 Juillet 1961, la dernière 4cv sort des chaînes de Billancourt. Le lendemain l’usine ferme pour congé et profite de ceux-ci pour faire installer les chaînes des R4.

IMG_2628Pendant ce temps, Renault joue un grand coup de com’ pour préparer le public. 30 voitures laissées à des journalistes qui publient leurs articles avant même le salon d’Octobre, théâtre de la présentation officielle de l’auto, à l’incontournable salon de Paris. En parallèle du salon, 200 voitures sont mises à disposition du public qui parcourt 440.000km.

Le coté pratique de la voiture séduit de suite. Trois versions sont disponibles, R3 et R4 à 4 glaces et la R4L avec ses 6 glaces. Les prix sont de 4800 à 5300 NF.

Evolution de la Renault 4 à travers les ages

Au millésime 1962 on a donc les R3 et R4, sans glace de custode, sans enjoliveurs, sans grille de calandre, un tube en guise de pare choc, et une seule couleur. La R4L a des glaces de custodes ouvrantes, des enjoliveurs à 3 branches, des butoirs en caoutchouc sur le pare-choc qui est chromé, une moulure de bas de caisse en alu et un monogramme 4L doré. Une dernière version, encore plus luxueuse est disponible, la R4 Super, avec pare-choc doublé, hayon arrière en deux parties, des sièges mousses et un,e banquette arrière repliable.

R3_1Pour 63, la R3 disparaît du catalogue. La R4 ne change pas, la 4L perd son « chrome » sur les feux arrières. La R4 Super, passée à 5CV perd les enjoliveurs de hayon et de feux.

En 1964 et 1965, la R4 reçoit un pare-choc à lame peinte, les contre-porte et le pavillon sont garnis. La 4L voit son chauffage et son vide-poche passés en gris au lieu du noir. Les glace arrière deviennent coulissantes et les custode fixes. La R4 Super devient une 4L avec option « moteur 5cv ». La parisienne apparaît. C’est une R4 Super, noire, avec un décor représentant soit un canage soit un motif écossais.

Renault_4_avLe millésime 66 propose 3 modèles, la Renault 4 Luxe avec glaces arrières coulissantes, vitres de custodes fixes, pas de butoirs de pare-choc, et sièges hamac en drap ou simili. La Renault 4 Export, a des sièges mousses en plus et l’option moteur 5cv. La Parisienne ne change pas, sauf le gain de monogrammes métalliques.

En 1967, la planche de bord devient plane et beige. Le volant marron a un moyeu rectangulaire. Les monogrammes deviennent métalliques à l’avant et sur l’aile avant droite.

Pour le millésime 1968 (mi-67 en production), changement de calandre avec l’apparition de la calandre alu englobant les phares. La boîte passe à 4 vitesses. La Parisienne disparaît mais la Plein Air arrive au catalogue.

En 1971, l’option du moteur 5cv apparaît sauf sur les Sinpar, le circuit électrique passe en 12V.

1972 voit arriver le nouveau moteur 4cv 782cm³. Le passage de manivelle disparaît du pare-choc, les feux de stationnement sur les ailes avant disparaissent.

En 1974, la planche de bord et le volant deviennent noir. Le monogramme de l’aile avant droite saute, et celui à l’arrière devient en plastique.

En 1975, nouveau changement de calandre en plastique noir. Les sièges avant sont séparés.

1976 voit une amélioration électrique, la dynamo est remplacée par un alternateur et un voltmètre apparaît sur le tableau de bord. On distingue maintenant les appellations L et TL grâce à leur monogramme. La Safari apparaît au catalogue avec baguettes et pare-chocs noirs, la sellerie est spécifique.

Pour 1977 les clignotants avants deviennent rectangulaires, comme la barre centrale du volant.

En 1978, l’aération change, le volet devient une grille. La version luxe devient la Renault 4. La Safari est supprimée à l’été. Le moteur 1100 cm³ arrive sous le capot. Une petite grille supplémentaire est percée sous la calandre, les jantes sont ajourées, et un pare-choc gris avec renforts latéraux apparaît.

En 1981, le chauffage gagne une seconde vitesse, les pare-chocs gris s’étendent aux versions de base, les jantes ajourées arrivent sur les TL. La GTL se pare de la série limitée Jogging avec toît ouvrant, peinture blanche, décors bleus et sièges tubulaires.

Pour 1982, les charnières de portes sont masquées.

En 1983 les freins avant abandonnent les tambours pour des disques, un nouveau tableau de bord apparaît avec compteurs et voyants ronds. Le rétroviseur intérieur passe sur le ciel de toit, le frein à main passe au plancher sur les GTL. La version de base et la TL ont un moteur 845cm³.
Enfin entre 1987 et 1993, la TL est remplacée par la Savane avec moteur 956cm³ et freins avant à disques. La GTL devient la Clan avec des jantes à 6 branches. Ces jantes sont communes aux Clan et Savane en fin de production.

Au total 8.135.424 modèles seront construits et font de nos jours les beaux jours du 4L international et du 4L Trophy.

Source : Rétroviseur n° 133 / Septembre 1999. Crédit photos : Sven Storbeck, Lebubu 93, Catone 67, News d’Anciennes.

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